Procès d'Aung San Suu Kyi: Sarkozy demande de «nouvelleS sanctions» contre la Birmanie

DIPLOMATIE Elle a été condamnée à 18 mois supplémentaires de privation de liberté...

(Avec agence)

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La démocrate Aung San Suu Kyi est assignée à résidence depuis 1989.
La démocrate Aung San Suu Kyi est assignée à résidence depuis 1989. — AFP
L'opposante birmane Aung San Suu Kyi a été condamnée mardi à trois ans de prison et de travaux forcés pour avoir enfreint les termes de son assignation à résidence, mais le chef de la junte Than Shwe a commué la peine en 18 mois de résidence surveillée, selon un ministre. Le premier ministre britannique s'est dit «attristé» par cette condamnation.

La France demande de «nouvelles sanctions»


Nicolas Sarkozy est allé plus loin en
réclamant mardi à l'UE de «nouvelles sanctions» à l'encontre de la Birmanie touchant «tout particulièrement» les ressources qu'elle tire de «l'exploitation du bois et des rubis». Selon l'Elysée, «ce procès politique a eu pour seul objet d'empêcher Mme Aung San Suu Kyi de conduire son combat en faveur d'une Birmanie libre et démocratique» et «les autorités birmanes confirment par cette décision inique leur choix d'ignorer les messages pressants de la communauté internationale». La secrétaire d'Etat américaine a pour sa part «n'aurait pas dû être jugée ni condamnée».

Un tribunal, réuni à la prison d'Insein, au nord de Rangoun, a reconnu l'opposante coupable d'avoir violé les termes régissant depuis 2003 son assignation à résidence. Elle avait brièvement hébergé en mai dernier un Américain, John Yettaw, qui avait réussi bizarrement à nager jusqu'à son domicile, situé au bord d'un lac. Aung Suu Kyi a été condamnée à trois ans de prison et de travaux forcés, mais le ministre des Affaires intérieures, le général Maung Oo, a déclaré que Than Shwe, numéro un de la junte birmane, avait signé un ordre spécial commuant la peine de l'opposante en 18 mois de résidence surveillée.

Sept ans de prison pour l'Américain

La lauréate du prix Nobel de la paix a déjà été privée de liberté pendant 14 des 20 dernières années. Si aucune mesure de clémence n'est annoncée d'ici 2010, elle ne pourra pas participer aux élections nationales fixées pour l'année prochaine par la junte.

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L'Américain John Yettaw, qui s'était invité chez l'opposante birmane en mai dernier, a été condamné, ce mardi, au total à sept ans de prison et de travaux forcés, selon une journaliste de l'AFP présente dans l'enceinte du tribunal. Agé de 54 ans, il a été condamné à trois ans pour avoir enfreint des lois sécuritaires, trois ans pour violations des lois sur l'immigration et à un an pour avoir nagé illégalement dans un lac municipal de Rangoun.