Un nouveau jour férié en Grande-Bretagne?

SOCIAL C'est ce que demande la ministre du Travail, mais la bataille est loin d'être gagnée…

L. B. et E. L.

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  — T. MELVILLE / REUTERS

Au Royaume-Uni, cela s’appelle des «vacances de la banque» ou «bank holidays». Et si la ministre britannique du Travail est entendue, il y en aura bientôt neuf au lieu de huit. Yvette Cooper a lancé l’idée d’un jour férié supplémentaire qui tomberait pendant la Journée mondiale de la Sécurité et de la Santé au travail, le 28 avril.

Ce jour férié supplémentaire permettrait de reconnaître cette journée mondiale et de «commémorer les milliers de travailleurs qui ont perdu leurs vies». Au pays des 37,2 heures de travail hebdomadaire, la nouvelle fait grincer des dents. Surtout à la City où l’on redoute l’impact économique de la mesure.

Treize jours fériés en France

Pourtant, le Royaume-Uni a connu pire. Jusqu’en 1834, la Banque d’Angleterre respectait 33 jours fériés, principalement pour des fêtes religieuses. C’est à cette date qu’un texte de loi a été adopté ramenant à 4 le nombre de journées chômées pour l’établissement bancaire national. Les autres secteurs ont adopté le même régime et les jours fériés sont devenus des «bank holidays».

Aujourd’hui, les Anglais et les Gallois n’ont que huit dates fériées. C’est une de moins qu’en Ecosse, deux de moins qu’en Irlande du Nord et cinq de moins qu’en France, qui détient un record du genre pour les pays industrialisés. Aux Etats-Unis, on compte onze jours fériés nationaux, mais du fait du système fédéral, tous ne sont pas chômés.

Prise en compte des arguments économiques

La ministre du Travail tient à rappeler, en outre, que des «memorial days» existent déjà dans d’autres pays, comme aux Etats-Unis où un «memorial day» établi le dernier jour de mai permet de commémorer les citoyens américains morts pour la patrie.

Ce n’est pas la première fois que les travaillistes réclament une date fériée supplémentaire. En 2008, le gouvernement de Gordon Brown avait tenté de mettre en place une «Journée des Forces Armées». Le 27 juin est finalement devenu une journée hommage à l’Armée, mais c’est loin d’être une journée chômée.

Le «Financial Times» conseille donc à ses lecteurs de ne pas fonder trop d’espoirs sur ce futur jour «en mémoire des travailleurs décédés». Selon le quotidien économique, l’entourage du Premier ministre Gordon Brown a fait savoir qu’il fallait prendre en compte les arguments économiques avant d’aller plus loin.