Elle brave les coups de fouet

SOUDAN Une journaliste encourt 40 coups de fouet pour avoir porté un pantalon. Elle refuse l’immunité de l’ONU pour poursuivre son procès...

LH avec agence

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Loubna Ahmed Al-Hussein est journaliste et membre d’une mission de l’ONU. Arrêtée le 3 juillet pour avoir porté un pantalon au Soudan, elle est jugée dans un tribunal de Khartoum. Elle encourt 40 coups de fouet pour «port de tenue indécente».

Lors de la première audience ce mercredi, la journaliste, qui travaille à la section communication de la Mission des Nations unies au Soudan (Unmis) a refusé l’immunité. Elle souhaite que le procès se poursuive, et s’est d’ailleurs présentée devant le juge en pantalon, comme plusieurs autres femmes venues lui manifester leur soutien. Le jugement sera rendu le 4 août.

Plusieurs condamnées

Loubna Ahmed Al-Hussein est l’une des 13 femmes condamnées à des coups de fouet pour avoir porté un pantalon, une tenue jugée «indécente» par la police soudanaise. En plus des coups de fouet, Loubna, qui travaille au journal de gauche «Al-Sahafa», encourt également une amende de 250 livres soudanaises (71 euros).

Si dix des treize accusées n’ont reçu «que» dix coups de fouet, Loubna en recevra quatre fois plus. Toutes avaient été arrêtées le 3 juillet dans un restaurant de Khartoum, la capitale soudanaise. Certaines sont originaires du sud du pays, majoritairement chrétien ou animiste, qui n’est pas concerné par la loi islamiste, la charia. Loubna a invité les journalistes à être présents lors de sa comparution devant la Cour. «Il est important que les gens sachent ce qui se passe», a-t-elle déclaré.

Une collègue poursuivie

Une autre journaliste, Amal Habbani, qui travaille au journal «Ajrass Al-Horreya» est aussi poursuivie par la police soudanaise. Son tort: avoir défendu sa collègue dans sa chronique «Tiny Issues», le 12 juillet. Les autorités n’ont pas non plus apprécié que la journaliste réponde aux questions de la presse internationale le 20 juillet, au sujet de la condamnation de Loubna.

La Police d’ordre public (POP) du Soudan a porté plainte pour diffamation, et lui réclame dix millions de livres soudanaises (283 euros). Dans son article, Amal Habbani dénonçait la condamnation de sa collègue, en expliquant que les autorités du pays «ne se préoccupaient pas de la mode», mais souhaitaient juste «terroriser les opposants à la charia»

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