Explosion d'une voiture piégée: la marque d'ETA

ESPAGNE Les forces de sécurité étaient en alerte depuis plusieurs jours...

Avec agence

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Un attentat au véhicule piégé a fait 46 blessés à Burgos, en Espagne, mercredi 29 juillet.
Un attentat au véhicule piégé a fait 46 blessés à Burgos, en Espagne, mercredi 29 juillet. — Ricardo Ordonez / Reuters

Nouvel attentat en Espagne. Un véhicule piégé a explosé CE mercredi matin, à Burgos, dans le nord de l’Espagne, devant une caserne de la garde civile. L’attentat, non revendiqué, porte néanmoins la marque de l’organisation séparatiste basque ETA.

Au total 64 personnes, dont des 22 femmes et six enfants vivant dans cette caserne, ont été légèrement blessés par la puissante explosion qui a fortement endommagé une partie du bâtiment et creusé un important cratère au sol, a indiqué la garde civile espagnole. «Cette nuit, 120 personnes dormaient (dans la caserne) et 41 enfants auraient pu mourir», a souligné le ministre de l'Intérieur, Alfredo perez Rubalcaba.

La marque d'ETA

«C'était un véhicule piégé», qui a sauté «vers 4 heures du matin», a déclaré un porte-parole de la sous-préfecture de Burgos. Les dégâts matériels sont importants. La façade de l'immeuble moderne est ravagée, selon les images diffusées par les télévisions. Le véhicule utilisé pour l'attentat a été totalement détruit par l'explosion.

Les victimes, des gardes civils et des membres de leurs familles, souffrent de coupures et de contusions diverses. En fin de matinée, deux d'entre elles restaient hospitalisées en observation. Selon le préfet de Castille-et-Leon, Miguel Alejo, tous les indices indiquent qu'il s'agit d'un attentat «comme ceux qu'ont l'habitude de perpétrer les assassins de l'ETA».

Des images de l'immeuble touché par l'attentat




Pas d'avertissement cette fois

Miguel Alejo a souligné qu'il n'y avait «pas eu d'appel d'avertissement» avant l'explosion, comme le fait parfois l'ETA pour permettre l'évacuation des lieux et que la volonté des poseurs de bombe était «manifestement de tuer». L'organisation clandestine, tenue pour responsable de 826 morts en 41 ans d'attentats pour l'indépendance du Pays Basque, s'abstient toutefois souvent d'alerter de l'imminence de ses attentats lorsqu'ils sont dirigés contre les forces de sécurité espagnoles qu'elle considère comme des objectifs militaires.

Le ministre de l'Intérieur et le secrétaire d'Etat à la Sécurité, Antonio Camacho, se sont rendus sur place. La garde civile est une cible privilégiée de l'ETA, dont le dernier attentat remontait à la nuit du 9 au 10 juillet, quand une bombe avait explosé devant un bâtiment du Parti socialiste basque à Durango, au Pays basque espagnol (nord).

Un véhicule bourré de 200 kilos d'explosifs


Le préfet de Castille-et-Leon a expliqué que sur les lieux de l'attentat de Burgos, il y avait des «restes de ce qui semble être une fourgonnette». Selon des médias espagnols, le véhicule aurait été bourré de 200 kilos d'explosifs. Le quotidien «El Mundo» avait assuré dimanche que les forces de sécurité espagnoles étaient en alerte, après avoir été informées par la France que l'ETA voulait faire passer en Espagne trois fourgonnettes bourrées d'explosifs.

Le président de la commission européenne, José Manuel Barroso, a dénoncé un attentat «aveugle et sauvage». La France, qui sert de base arrière aux commandos et chefs de l'ETA et qui les pourchasse activement, a assuré les autorités espagnoles de «sa pleine solidarité», face «à cet acte lâche et odieux».

La radio nationale a souligné que cet attentat intervenait un an après le démantèlement du «commando Biscaye» de l'ETA. La police avait saisi des documents montrant que la caserne de Burgos était une cible désignée d'attentat. L'attentat de Burgos intervient aussi pratiquement à la date du 50e anniversaire de la fondation de l'ETA, le 31 juillet 1959 par des étudiants nationalistes d'inspiration marxiste-léniniste. Affaiblie depuis la rupture de sa trêve de 2006-2007 par des coups de filets policiers à répétition, l'ETA avait indiqué fin mai mener une réflexion interne «pour fixer une stratégie politico-armée efficace», sans paraître se préparer à renoncer à la violence.