L'hospitalisation des chefs d'Etat: comment ça se passe ailleurs?

SANTE C'est toujours un sujet délicat, mais la manière de réagir n'est pas la même partout...

E. L.

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Les policiers se déploient devant l'hôpital du Val-de-Grâce, où est hospitalisé Nicolas Sarkozy, le 26 juillet 2009.
Les policiers se déploient devant l'hôpital du Val-de-Grâce, où est hospitalisé Nicolas Sarkozy, le 26 juillet 2009. — BORIS HORVAT / AFP
Nicolas Sarkozy n’est pas le seul président dont l’hospitalisation revêt le caractère d’une affaire d’Etat. Si en France, la santé des présidents de la 5e République a toujours été un sujet sensible, c’est aussi le cas dans d’autres pays.

Dans l'hexagone, l'intérim de la présidence est prévu à l'alinéa 4 de l'article 7 de la Constitution. Selon celui-ci en cas d'empêchement ou de vacances, les fonctions de président sont exercées provisoirement par le président du Sénat. Si ce dernier est lui-même empêché de le faire, c'est le gouvernement qui assure collégialement l'intérim présidentiel. C’était par exemple le cas en septembre 2005, lorsque Jacques Chirac avait été hospitalisé une semaine et que le Premier ministre Dominique de Villepin avait assuré l’intérim de la présidence.

Transfert des pouvoirs aux Etats-Unis

Aux Etats-Unis, le 25e amendement de la Constitution prévoit depuis 1967 qu’en cas de vacance du pouvoir, la présidence de la République incombe au vice-président. On se souvient qu’en janvier 2002, le président George W. Bush avait temporairement transféré ses pouvoirs à son vice-président Dick Cheney après s’être étouffé en mangeant un bretzel devant sa télévision. L’intérim n’avait duré que très peu de temps et le Bush était rapidement reparu, écorché au visage.

Mais l’événement avait eu des précédents. En 1985, Ronald Reagan avait expressément transféré ses pouvoirs à son vice-président, George Bush Senior. Le président Reagan devait subir opération du colon et avait estimé dans une lettre datée du jour de l’opération qu’il serait «temporairement incapable d’exercer les pouvoirs conférés par la Constitution et d’assurer les devoirs de président des Etats-Unis.»

Italie plus similaire que la France

Contrairement aux Etats-Unis, en Italie, lorsque le chef du gouvernement est hospitalisé une nuit, le transfert des pouvoirs n’est pas immédiatement organisé. Le 26 novembre 2006, Silvio Berlusconi avait ainsi été pris d’un malaise lors d’un discours devant les jeunes de son parti «Forza Italia». Evacué en hélicoptère vers sa propriété de Macherio, le président du Conseil italien se rend quelques heures plus tard dans un hôpital de Milan pour une batterie de tests. L’hospitalisation n’est pas assez longue pour qu’un transfert de pouvoirs soit mis en place.



Quand l’hospitalisation reste un mystère

Dans certains pays, l’hospitalisation du chef de l’Etat reste tout bonnement un mystère. C’était le cas en mai dernier lors de l’hospitalisation en Catalogne du président gabonais Omar Bongo. Un quotidien catalan, «La Vanguardia» avait révélé l’affaire, et les proches du Président avaient fait tout leur possible pour qu’aucune information ne filtre. Les autorités gabonaises affirment alors qu’Omar Bongo n’est à l’hôpital que pour «un bilan de santé».

Et quelques jours plus tard, lorsque l’information relative à son décès fuit du côté du gouvernement français, le Premier ministre gabonais Jean Eyeghe Ndong affirme à la télévision nationale qu'il n'est «pas au courant» de ce décès. L’annonce officielle de sa mort n’interviendra que le 8 juin 2009.