Kurdistan irakien: participation massive, dans le calme, aux élections

IRAK Le scrutin se déroulait pourtant sur fond de tension avec Bagdad...

Avec agence

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Début des opérations de dépouillement des élections législatives et présidentielle au Kurdistan autonome, en Irak, le 25 juillet 2009.
Début des opérations de dépouillement des élections législatives et présidentielle au Kurdistan autonome, en Irak, le 25 juillet 2009. — Azad Lashkari / REUTERS

La province autonome du Kurdistan irakien a massivement participé samedi à l'élection de son président et de son Parlement, au cours d'un scrutin qualifié de «transparent» par la commission électorale irakienne. Environ 2,5 millions d'électeurs devaient choisir le président du Kurdistan, élu pour la première fois au suffrage universel, et les députés de l'Assemblée composée de 111 sièges.

Le comptage des bulletins a débuté et des résultats préliminaires seront «annoncés dans trois jours» le président de la commission électorale kurde, Faraj al-Haidari, au cours d'une conférence de presse à Erbil, la capitale du Kurdistan qui s’est félicité que ces élections se soient «déroulées en toute transparence sans aucun problème majeur». Selon la commission, le taux de participation a atteint 78,5%.

L'actuel président kurde et chef de Parti démocratique du Kurdistan (PDK), Massoud Barzani, ainsi que quatre autres candidats sont en lice pour la présidentielle alors que 24 listes, dont celle commune du PDK et de l'Union patriotique du Kurdistan (UPK), concourent pour le scrutin législatif.

«C'est la première fois de ma vie que j'ai l'impression de participer à une élection où il existe plusieurs choix et une vraie concurrence, a affirmé Ziz Hassan, un ingénieur de 44 ans, devant un bureau de vote à Souleimaniyeh, deuxième ville du Kurdistan. Aux précédentes élections les deux parties ne donnaient pas le choix aux électeurs», a-t-il ajouté, faisant allusion au PDK et à l'UPK, du président irakien Jalal Talabani, dont la liste commune avait obtenu 89,5% de suffrages en 2005.

Ces deux partis, qui règnent en maîtres sur la politique locale depuis plusieurs décennies, devraient une nouvelle fois sortir vainqueurs mais l'enjeu du scrutin réside dans le score des listes dissidentes.

«Je vais voter pour la liste Goran car le système politique au Kurdistan a besoin de changement et de renouveau et d'une opposition parlementaire réelle et forte», a assuré Ziz Hassan. Cette liste «Goran» (Changement en kurde), emmenée par l'ancien numéro deux de l'UPK, Noucherwan Moustapha, est le principal challenger face au PDK et l'UPK et a fait de la lutte contre la corruption son cheval de bataille.

«Nous espérons que ces élections seront un premier pas dans le règlement des différends avec Bagdad», a indiqué Massoud Barzani à la presse dans son fief de Salaheddine, au nord d'Erbil. De son côté, dans un message télévisé, le Premier ministre irakien, Nouri al-Maliki, a semblé tendre la main aux Kurdes en indiquant que ces élections étaient une étape «pour bâtir un Irak démocratique et jouir des richesses du pays dont la dictature (de Saddam Hussein) nous a privées».

Le scrutin s’est en effet tenu dans un contexte tendu entre les Kurdes et le pouvoir central de Bagdad qui se disputent le contrôle de territoires riches en pétrole, dans les provinces limitrophes du Kurdistan, au premier rang desquels la ville de Kirkouk, dont le sous-sol regorge d’or noir.