Berlusconi: un ministre italien crie au coup monté, l'escort girl dément

POLEMIQUE Pour Franco Frattini, c'est la presse qui est derrière tout ça, Patrizia D'Addario l'invite à le prouver ou à se taire...

Avec agence

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Silvio Berlusconi le 19 juin 2009
Silvio Berlusconi le 19 juin 2009 — OLIVIER HOSLET/EPA/SIPA

Patrizia D'Addario, l'escort girl italienne qui affirme avoir passé une nuit avec Silvio Berlusconi, a démenti vendredi avoir été «payée par des journalistes» comme l'affirme un ministre italien. C'est en effet ce qu'a prétendu jeudi soir Franco Frattini, ministre des Affaires étrangères, ajoutant que ses déclarations étaient «absolument fausses».

Ce sont «des journalistes qui ont payé cette escort girl, cette prostituée, pour qu'elle fasse des déclarations publiques contre le chef du gouvernement», a déclaré le ministre italien à la BBC, selon ses propos rapportés par l'Ansa. «Payer quelqu'un pour faire des déclarations est un comportement immoral», a-t-il ajouté.

L'escort girl se fait menaçante

«J'invite le ministre à apporter des preuves à ses affirmations, ou alors à s'abstenir le cas échéant», a réagi Patrizia D'Addario dans un communiqué.

L'escort girl a par ailleurs menacé les médias: «Ces derniers jours, la presse a relayé des déclarations publiques et des reconstructions de la part de jounalistes qui sont calomnieuses à mon égard. Je répondrai à chacune d'entre elles par des actions en justice», a-t-elle prévenu.

Patrizzia D'Addario avait initialement affirmé avoir passé deux soirées dans la villa romaine du Cavaliere et y être restée une nuit. Silvio Berlusconi avait lui-même affirmé le 23 juin dernier que cette femme de 42 ans avait reçu «une mission très précise et extrêmement bien payée», sans autre précision.

Les enregistrements entre les mains de la justice

L'hebdomadaire de gauche «L'Espresso» a mis en ligne ces derniers jours des extraits audio de conversation attribués à Patrizzia D'Addario et au Cavaliere lors de la nuit qu'ils auraient passée ensemble à la fin de l'année dernière.

Patrizzia D'Addario a affirmé qu'elle enregistrait toutes ses conversations avec des clients. Ces enregistrements ont été remis à la justice qui enquête sur un entrepreneur de Bari (sud), inculpé de corruption et qui aurait payé des escort girls pour qu'elle participe à des fêtes chez Silvio Berlusconi.

«Pas un saint»

Le chef du gouvernement, qui a reconnu mercredi qu'il n'était «pas un saint», s'estime victime d'une campagne de la part du groupe de gauche Espresso qui comprend également le quotidien «La Repubblica».

Il a également mis en cause la presse anglo-saxonne, en particulier celle du groupe du magnat australien Rupert Murdoch, l'un de ses rivaux dans le secteur de la télévision en Italie.