Somalie: que fait la France là bas?

MOGADISCIO Après leur enlèvement mardi dans la capitale somalienne, les questions fusent sur les raisons de la présence des deux ressortissants français...

E.L. avec agence

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Les combats continuaient de faire rage jeudi à Mogadiscio au cinquième jour d'une bataille sanglante dans laquelle les forces des tribunaux islamiques ont le pris le dessus, selon des experts de l'Onu, sur l'alliance de chefs de guerre somaliens soutenue par les Etats-Unis.
Les combats continuaient de faire rage jeudi à Mogadiscio au cinquième jour d'une bataille sanglante dans laquelle les forces des tribunaux islamiques ont le pris le dessus, selon des experts de l'Onu, sur l'alliance de chefs de guerre somaliens soutenue par les Etats-Unis. — AFP
Depuis mardi, les deux agents des services de renseignement français sont détenus par des insurgés islamistes. Et depuis mardi, se pose la question de la présence de la France en Somalie. Le Quai d’Orsay explique que la présence de ces deux agents «s’inscrit dans le cadre de notre politique de soutien au renforcement du gouvernement fédéral de transition somalienne».

Ce gouvernement de transition est, depuis l’élection de l’islamiste modéré Sharif Cheikh Ahmed en janvier dernier, soumis à des attaques incessantes de la part des insurgés islamistes. Ces derniers avaient déjà pris le contrôle de la majeure partie du centre et du sud du pays en 2006 avec la formation de tribunaux islamiques. Quelques mois plus tard, ils avaient été balayés par une offensive de l’armée éthiopienne, venue à la rescousse du gouvernement de transition somalien de l’époque.

Retour de la France en Somalie


Aujourd’hui, les insurgés contrôlent une grande partie de Mogadiscio, la capitale somalienne, ainsi qu’une partie du centre et du sud du pays où ils ont commencé à appliquer une forme très stricte de la charia. Ces insurgés comptent deux organisations principales: les «shebab» et la milice Hizb al-Islamiya de cheikh Hassan Dahir Aweys, recherché par Washington pour ses liens présumés avec al-Qaïda. Les premiers, qui affirment se battre pour la libération de la «Terre sainte de Somalie», ont reçu ces derniers mois le renfort de plusieurs centaines de combattants jihadistes étrangers.

Le 7 mai, les deux organisations ont lancé, à Mogadiscio, une violente offensive contre le gouvernement transitoire. Depuis cette période, la France travaille quant à elle à la mise sur pied - dans sa base militaire de Djibouti - d’une formation d’un bataillon de 500 hommes. Car depuis quelques mois, Paris cherche à renouer les relations avec la Somalie, dans le cadre de la lutte contre la piraterie maritime. Après l’offensive lancée par les insurgés, la France avait décidé d’accélérer la formation de ce bataillon.

Depuis janvier, la Somalie a atteint la place - peu enviable - de pays le plus dangereux du monde. La mission de paix de l'Union africaine (Amisom), est actuellement la seule force étrangère dans ce pays de la Corne de l’Afrique.
La Somalie compte 10 millions d'habitants, presque tous issus d'une même ethnie, les Somali. 3,2 millions de Somaliens dépendent de l'aide internationale pour survivre.
Depuis 2006, les violences ont fait plus de 18.000 morts et ont provoqué l’exode de centaines de milliers de personnes.