Honduras: le président destitué Zelaya appelle à «l'insurrection»

CRISE Réfugié au Guatemala, il a également réaffirmé qu'il retournerait au Honduras...

Avec agence

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Conférence de presse du président du Honduras exilé, Manuel Zelaya, avant son départ pour le Nicaragua le 28 juin 20069.
Conférence de presse du président du Honduras exilé, Manuel Zelaya, avant son départ pour le Nicaragua le 28 juin 20069. — JC.ULATE/REUTEUS

Manuel Zelaya, le président destitué du Honduras, a appelé ce mardi, depuis le Guatemala, la population de son pays à «l'insurrection» pour le rétablir dans ses fonctions après le coup d'Etat qui l'a chassé du pouvoir le 28 juin.

«Je veux lui dire (au peuple) de ne pas quitter les rues, le seul espace qu'ils ne nous ont pas enlevé, de ne pas abandonner les espaces qui appartiennent au peuple», a-t-il déclaré en conférence de presse, au côté du président du Guatemala, Alvaro Colom.

Zelaya veut rentrer au pays

Manuel Zelaya a par ailleurs estimé mardi que si la restitution de son pouvoir n'était pas l'objectif de la médiation du président du Costa Rica, Oscar Arias, alors ce processus était «sur la voie de l'échec».

Il a également réaffirmé qu'il retournerait au Honduras. «On va rentrer au pays dans un délai le plus court possible, je ne veux pas communiquer ni l'heure ni le jour afin de ne pas alerter les forces de l'opposition qui sont criminelles, je ne vais pas planifier notre retour», a-t-il dit.

Manuel Zelaya avait déjà tenté un retour au pays début juillet, en vain. Des soldats armés avaient empêché son avion d'atterrir à l'aide de véhicules bloquant l'accès à la piste d'atterrissage.

Pas «un coup d'Etat»

Au pouvoir depuis janvier 2006, Manuel Zelaya avait été arrêté par les militaires à l'aube du 28 juin et expédié de force par avion au Costa Rica, le jour où il tentait d'organiser une consultation populaire, déclarée illégale par la Cour suprême, sur la possibilité de briguer un deuxième mandat.

Les nouvelles autorités, non reconnues par la communauté internationale, martèlent que cette destitution n'est pas un «coup d'Etat», expliquant que l'armée ne faisait qu'exécuter les ordres du pouvoir judiciaire et qu'elle n'a pas pris le pouvoir.