Urumqi: Pékin prépare la répression, Hu Jintao quitte le G8 en urgence

CHINE Soldats et policiers, armés de fusils automatiques surmontés d'une courte baïonnette, en tenue anti-émeutes, ont pris position au coeur de la ville...

MD (Avec agence)
— 
Des manifestants face aux policiers à Urumqi, le 7 juillet 2009.
Des manifestants face aux policiers à Urumqi, le 7 juillet 2009. — David Gray/Reuters

La Chine ne lésine pas sur les moyens. Pékin a déployé des moyens impressionnants, ce mercredi pour prévenir toute nouvelle flambée de violence à Urumqi, après trois jours de troubles interethniques, qui ont hâté le retour à Pékin du chef de l'Etat. Des dizaines de milliers de membres des forces de sécurité ont été déployés dans la ville qui vit sous très haute tension depuis des émeutes interethniques ayant fait 156 morts dimanche, suivies d'une journée de chaos mardi.


Bâtons, pelles et machettes


Leurs mouvements visaient apparemment à séparer les Ouïghours, principale communauté musulmane de cette région de l'extrême nord-ouest de la Chine, des Hans, l'ethnie majoritaire dans le pays, afin d'éviter une répétition des violences. Les Hans avaient été la cible d'émeutiers ouïghours dimanche soir lors des violences.


Ils ont à leur tour envahi les rues d'Urumqi ce mercredi, armés de bâtons, de pelles et de machettes, clamant leur colère et leur soif de vengeance contre les Ouïghours. Des scènes de violence ont eu lieu, ont constaté des correspondants de l'AFP, Ddes militaires se précipitant en tenue anti-émeutes pour y mettre fin. Les frictions interethniques sont traditionnellement vives dans cette région de vingt millions d'habitants, majoritairement musulmans, issus de différentes communautés ethniques.




Hu Jintao rentre à Pékin en urgence


Les troubles actuels sont toutefois les plus graves depuis plusieurs décennies et ont poussé le président Hu Jintao à interrompre son voyage officiel en Italie, où il devait aussi participer jeudi au deuxième jour des travaux du G8. Il est arrivé mercredi à l'aube en Chine.


Après une nuit de couvre-feu, des convois de camions circulaient mercredi matin dans Urumqi avec à leur bord des membres des forces de l'ordre scandant «Protégez le peuple! préservez la stabilité!», tandis que des hélicoptères survolaient cette cité de plus de deux millions d'habitants. La rue du Peuple, artère traversant ce centre-ville d'est en ouest, était sous haute sécurité comme toutes les rues menant encore plus au sud, quartiers ouïghours, en cours de bouclage.


Un attroupement de Chinois Hans a applaudi le déploiement de troupes non loin de la grande place du Peuple. Les Ouïghours, eux, ont observé la scène de l'autre côté de la ligne de partage tracée par les forces de l'ordre. «Il ne devrait pas y avoir de problèmes aujourd'hui, il y a tant de policiers. Mais les problèmes raciaux ne vont pas disparaître», a commenté un autre, nommé Chen.