Petit-déjeuner à la russe pour Barack Obama et Vladimir Poutine

RUSSIE Le président américain est en visite officielle à Moscou où il s'est entretenu avec le Premier ministre ce mardi matin...

MD (Avec agence)

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Barack Obama et Vladimir Poutine le 7 juillet 2009 à Moscou
Barack Obama et Vladimir Poutine le 7 juillet 2009 à Moscou — Jim Young / Reuters

Rien de tel qu'une bonne flatterie pour bien commencer sa journée. Le président américain Barack Obama a salué, ce mardi matin, à Moscou le «travail extraordinaire» de Vladimir Poutine au Kremlin puis comme Premier ministre, après l'avoir qualifié dans une interview d'homme du passé. «J'ai conscience du travail extraordinaire que vous avez accompli comme président au cours des années passées et dans votre rôle actuel de Premier ministre», a-t-il déclaré lors d'un petit-déjeuner avec Vladimir Poutine à la résidence de ce dernier à Novo Ogarevo près de Moscou.

«Nous avons une excellente opportunité de jeter des bases plus solides dans les relations russo-américaines. Nous ne sommes peut-être pas d'accord sur tout mais nous avons des consultations, dans l'intérêt des peuples russe et américain», a-t-il ajouté. Barack Obama s'est félicité à cet égard de ses «excellentes discussions» lundi au Kremlin avec son homologue russe Dmitri Medvedev. «Je suis content de vous voir, d'avoir l'opportunité de faire votre connaissance», a finalement lâché Vladimir Poutine, sans toutefois regarder son interlocuteur.

Ciel bleu après les années grises
 
Vladimir Poutine s'est aussi voulu avenant, soulignant qu'il comptait sur Barack Obama pour relancer les relations russo-américaines. «Nous associons à votre nom les espoirs de développement de nos relations», a-t-il dit. «L'histoire des relations russo-américaines a connu des nuances. Il y a eu des années de prospérité absolue, il y a eu de la routine grise et même de la confrontation», a-t-il ajouté sans préciser s'il faisait référence à l'époque soviétique ou à ces dernières années.
 
Le Premier ministre, s'efforçant de détendre l'atmosphère quelque peu contenue, a ensuite lancé au président américain: «On vous a préparé un petit-déjeuner dans le style russe». «Je vous remercie pour le beau temps», a ajouté Barack Obama, le soleil étant revenu sur Moscou après une journée de pluie et de froid lors de l'arrivée lundi du président américain à Moscou. 

Caviar et confiture d'airelles

L'ancien maître du Kremlin avait sorti le grand jeu pour plaire à son hôte. Foulards traditionnels russes, samovar, serveurs vêtus d'une tunique rouge et ceinture dorée et même joueurs de balalaïka étaient au rendez-vous. Au menu du repas figuraient du belouga (esturgeon) fumé avec des crêpes, de la confiture d'airelles, des oeufs avec du caviar noir et de la crème fraîche, des raviolis à la viande de caille, de la gelée de cerises et de la glace à la crème.

Ces derniers jours, Barack Obama avait multiplié les aménités à l'égard du président Dmitri Medvedev, et estimé à l'inverse que Vladimir Poutine avait encore «un pied dans la vieille manière de conduire les affaires». L'intéressé avait rétorqué ne pas savoir «faire le grand écart». Lundi encore, Barack Obama, se voyant demander lors d'une conférence de presse qui était véritablement l'homme fort de la Russie, avait répondu: «D'après ce que je crois savoir, le président Medvedev est le président, et le Premier ministre Poutine est le Premier ministre». «Ce qui m'intéresse, c'est de traiter directement avec mon homologue le président, et de tendre la main au Premier ministre Poutine et à tous les autres secteurs influents de la société russe», avait-il ajouté.

Poutine ne fait pas de promesses

Le petit-déjeuner, qui a duré deux heures, semble finalement avoir porté ses fruits. Le président américain est à présent «convaincu que le Premier ministre est un homme d'aujourd'hui, qui a le regard fermement tourné vers l'avenir», a déclaré peu après un haut responsable de la Maison Blanche. «L'atmosphère fut sincère et ouverte, la discussion philosophique et conceptuelle», a assuré le conseiller diplomatique du Premier ministre russe, Iouri Ouchakov. Vladimir Poutine a expliqué sa vision du monde, notamment sur l'espace post-soviétique et son homologue a «promis d'en tenir compte», sans faire de «promesses», a-t-il dit.