Nouvelles manifestations en Chine: couvre-feu décrété à Urumqi

PROTESTATIONS Les affrontements ont déjà fait 156 morts à Urumqi, la capitale du Xinjiang...

MD (Avec agence)

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Capture vidéo montrant le corps d'un manifestant, sur le sol de la ville de Urumqi dans la province du Xinjiang, le 6 juillet 2009.
Capture vidéo montrant le corps d'un manifestant, sur le sol de la ville de Urumqi dans la province du Xinjiang, le 6 juillet 2009. — Ho New/reuters

Un couvre-feu a été décrété à Urumqi par les autorités locales mardi après de nouveaux troubles ethniques dans la capitale de la région du Xinjiang (nord-ouest de la Chine), a annoncé l'agence Chine Nouvelle. Un haut responsable du parti communiste du Xinjiang, Wang Lequan, a annoncé à la télévision que le couvre-feu serait en vigueur de 21h (15h à Paris) ce mardi à 8h mercredi pour éviter une répétition des scènes de chaos vues dans l'après-midi dans la ville de deux millions d'habitants.

Il a aussi lancé un appel au calme aux communautés en présence, en l'occurence Hans, ethnie majoritaire en Chine, et Ouïghours, principale communauté musulmane du Xinjiang. Au moins 200 Ouïghours, dont beaucoup de femmes, ont manifesté ce mardi matin à Urumqi, en présence de journalistes, pour demander la libération de leurs proches arrêtés après des émeutes ethniques qui ont fait 156 morts dans la capitale du Xinjiang.

«Filmez ça»

Les manifestants se sont portés à la rencontre des journalistes qui devaient visiter des concessionnaires automobiles dans un quartier industriel d'Urumqi, dans le cadre d'un voyage de presse organisé par les autorités chinoises, notamment pour les correspondants étrangers, après les émeutes de dimanche. La police les a sommés de s'éloigner, mais les protestataires, souvent en larmes, poing brandi, ont choisi de faire front aux forces de sécurité dans un face-à-face tendu.

Des centaines de policiers armés et accompagnés de chiens, se sont déployés à proximité du groupe qui demandait des comptes après les interpellations massives liées aux émeutes. «Filmez ça», a crié un manifestant.

«La police a brûlé ma maison hier, elle a emmené mon mari»

La police chinoise a arrêté 1.434 personnes après les violences qui ont fait au moins 156 morts et plus d'un millier de blessés dans la capitale de cette région autonome du nord-ouest de la Chine peuplée de minorités musulmanes et notamment de Ouïghours. «Je suis ici pour exiger le retour de mon mari», a déclaré Maliya une femme ouïghoure en larmes, «la police a brûlé ma maison hier, elle a emmené mon mari», dit-elle. Mais «il n'a rien à voir avec les manifestations. On était à la maison quand ça s'est passé», a ajouté la jeune femme qui tenait par la main son fils de sept ans en pleurs.

Pékin a accusé les Ouïghours en exil et notamment le Congrès mondial ouïghour de la dissidente en exil Rebiya Kadeer, d'avoir fomenté les troubles. Mais des groupes exilés ouïghours ont affirmé que les événements avaient dégénéré après que les forces de l'ordre chinoises eurent tiré sur des manifestants pacifiques.

Les manifestations de lundi. Attention, ces images peuvent heurter la sensibilité de certaines personnes.