Nicolas Sarkozy exige la libération de la Française accusée d'espionnage en Iran

TEHERAN La jeune fille de 23 ans est détenue depuis le 1er juillet...

Avec agence

— 

les supporters de Moussavi tentent de gagner la bataille des images, alors que le pouvoir empêche les journalistes occidentaux de travailler.
les supporters de Moussavi tentent de gagner la bataille des images, alors que le pouvoir empêche les journalistes occidentaux de travailler. — Demotix Images / Reuters

Nicolas Sarkozy a exigé ce mardi la libération «à très bref délai» de l'universitaire française de 23 ans détenue depuis le 1er juillet en Iran, qualifiant les accusations lancées contre elle par les autorités de Téhéran de «hautement fantaisistes».

«Si nous comprenons bien, cette jeune femme a été accusée d'espionnage. Il s'agit d'envoi de photos prises par un téléphone portable. Je crois qu'il s'agit de ça, ça n'est pas de l'espionnage, ça ne peut pas l'être, cette accusation est absurde», avait déjà expliqué Bernard Kouchner, lundi soir sur France 3, réclamant la libération de Clotilde Reiss.

Il a indiqué que la jeune femme était lectrice de français à l'université d'Ispahan et avait été arrêtée mercredi à l'aéroport de Téhéran alors qu'elle était sur le chemin du retour.

 

Le chef d'inculpation ne résiste pas à l'examen

Selon une source diplomatique proche du dossier, il lui est reproché d'avoir participé à des manifestations dans cette ville après la réelection du président Mahmoud Ahmadinejad. L'accusation d'espionnage repose sur l'envoi d'un courriel privé qu'elle avait envoyé à un de ses amis à Téhéran pour l'informer sur la situation à Ispahan, selon cette source. La jeune femme a été arrêtée mercredi soir à l'aéroport de Téhéran alors qu'elle devait partir pour Beyrouth, et est détenue à la prison d'Evine, dans la capitale iranienne, a ajouté cette source.

>>> Retrouvez notre dossier sur la crise iranienne en cliquant ici.

«Le chef d'inculpation d'espionnage avancé par les autorités iraniennes ne résiste pas à l'examen», poursuit le Quai d'Orsay, qui indique que l'ambassadeur iranien à Paris a été convoqué lundi au ministère. «Nous appelons les autorités iraniennes à libérer immédiatement notre compatriote et à l'autoriser à quitter l'Iran pour la France», déclare le ministère. «La France a informé ses partenaires européens à ce sujet et en appelle à la solidarité de tous les Européens», ajoute-t-il.

Les Européens prêts à prendre des mesures «ensemble»

Depuis la présidentielle du 12 juin, l'Iran a durci le ton face aux pays occidentaux, accusés d'avoir soutenu la contestation interne contre la réelection de l'ultraconservateur Ahmadinejad. Le Premier ministre britannique Gordon Brown, qui participait lundi au sommet franco-britannique à Evian, a lancé lundi un avertissement à l'Iran, affirmant que les Européens étaient prêts à prendre des mesures «ensemble», en réponse à des mesures prises contre l'ambassade de Grande-Bretagne à Téhéran.

Gordon Brown avait annoncé le 23 juin l'expulsion de deux diplomates iraniens, après une décision de Téhéran d'expulser deux diplomates britanniques d'Iran. Neuf employés locaux de l'ambassade britannique avaient également été arrêtés le 28 juin, et il en reste encore un toujours détenu, selon Londres.