Robert McNamara, «l'architecte» de la guerre du Vietnam, est mort

DISPARITION L'ancien secrétaire américain à la Défense est décédé à l'âge de 93 ans...

Avec agence

— 

Robert McNamara, alors secrétaire d'Etat américain à la Défense, lors d'une visite au Vietnam le 18 juillet 1965.
Robert McNamara, alors secrétaire d'Etat américain à la Défense, lors d'une visite au Vietnam le 18 juillet 1965. — AFP

Il fut un des principaux protagonistes de la guerre du Vietnam. L'ancien secrétaire américain à la Défense, Robert McNamara, est mort à l'âge de 93 ans ce lundi, rapporte le quotidien «Washington Post», le présentant comme «l'architecte» de la guerre du Vietnam. Robert McNamara est mort «dans son sommeil chez lui à Washington tôt ce matin (lundi)» écrit le journal, citant des membres de la famille de l'ancien chef du Pentagone.

Cet ancien membre des administrations Kennedy et Johnson de 1961 à 1968, fut un «faucon», un partisan du recours à la force, durant la guerre du Vietnam avant d'en exprimer le regret plus tard.

Dans des Mémoires publiées en 1995 portant sur «La tragédie et les leçons du Vietnam», il reconnaîtra: «Nous nous sommes trompés, nous nous sommes horriblement trompés.»

Ardent défenseur du tiers-monde

Né le 9 juin 1916 à Oakland en Californie (ouest), Robert Strange McNamara est un homme d'affaires de 44 ans en pleine réussite lorsque John Fitzgerald Kennedy l'appelle à rejoindre son administration, alors qu'il venait tout juste d'être nommé président du constructeur automobile Ford.

Alors que le nombre de troupes américaines atteint 535.000 hommes en 1968, McNamara doute finalement qu'une victoire soit possible et s'oppose à la stratégie que veut mener le président Lyndon B. Johnson, qui veut poursuivre l'engagement américain.

Il quitte alors le gouvernement et devient le 5e président de la Banque Mondiale, qu'il dirigera pendant 13 ans, jusqu'en 1981. Robert McNamara, diplômé en économie, mathématiques et philosophie de l'université de Berkeley, en Californie, s'y bâtira une réputation d'ardent défenseur des pays du tiers-monde, insufflant une nouvelle énergie dans les projets de l'institution pour le développement.