Obama- Medvedev: ça coince sur le bouclier anti-missile

DIPLOMATIE Malgré les divergences sur le projet américain, la première visite de Barack Obama en Russie a été fructueuse...

MD (Avec agence)

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Barack Obama en visite officielle à Moscou, aux côtés de son homologue russe Dmitri Medvedev, le 6 juillet 2009.
Barack Obama en visite officielle à Moscou, aux côtés de son homologue russe Dmitri Medvedev, le 6 juillet 2009. — REUTERS/Jim Young

Si Barack Obama et Dmitri Medvedev ont trouvé un terrain d'entente sur la réduction de leurs arsenaux nucléaires stratégiques, à l'occasion de la visite officielle du président américain en Russie ce lundi, les divergences russo-américaines demeurent au sujet du projet controversé de bouclier anti-missiles américain en Europe. C'est ce qu'a affirmé le vice-ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Riabkov.
 
Répondre à la menace de certains Etats «voyous»
 
«Nous ne sommes pas pour l'instant d'accord sur l'évaluation des conséquences de telle ou telle décision de l'administration américaine, pour nous la question reste ouverte concernant la troisième composante de son bouclier anti-missiles» en Pologne et en République tchèque, a-t-il souligné. Il s'agit de l'un des grands motifs de tensions entre Washington et Moscou ces derniers mois. La Russie s'oppose à l'installation d'éléments du bouclier anti-missiles en Europe de l'Est, estimant que ce projet porte atteinte à sa sécurité. Washington soutient qu'il est destiné à répondre à la menace que représentent certains Etats «voyous» comme l'Iran.

«Les Russes ne sont pas d'accord avec ce projet car ils ne veulent pas voir des moyens de détections élecroniques, américains, a proximité de leur territoire», explique François Géré, spécialiste en géostratégie à l'Institut français d'analyses stratégiques (Ifas). «Ils craingnent que les Etats-Unis puissent percer leur communication», ajoute-il.
 
Une diminution des arsenaux nucléaires

 
Mais les Etats-Unis et la Russie ont tout de même fait un pas en avant en convenant d'abaisser le nombre des têtes nucléaires et le nombre des vecteurs nucléaires (missiles intercontinentaux, embarqués à bord de sous-marins et bombardiers stratégiques) de chacun des deux pays. Ces réductions doivent intervenir «dans les sept ans suivant l'entrée en vigueur de l'accord», ont précisé le Kremlin et la Maison Blanche dans une déclaration commune.
 
Sur la base de cet accord préalable, les négociateurs russes et américains vont poursuivre leurs discussions, afin d'aboutir à la conclusion d'un nouveau traité qui doit remplacer le traité historique START. Ce dernier arrivant à échéance en décembre. Cet accord était au coeur de l'entreprise de rétablissement des liens entre les deux pays, qui s'étaient considérablement dégradés sous la présidence de George W. Bush. «Obama a poursuivi sa trajectoire initiale de démarcation par rapport à l'administration précédente, explique François Géré, contrairement à George W. Bush, il tend vers un multilatéralisme en matière nucléaire», précise-il. Le président américain Barack Obama a également tenu a souligner qu'il traitait avec Dmitri Medvedev, en tant que président et non avec Vladimir Poutine, qui est Premier ministre.
 
Une voie vers l'Afghanistan
 
Par ailleurs, la Russie a autorisé l'utilisation de son espace aérien pour le transit de soldats et de matériel militaire américain à destination de l'Afghanistan, un accord significatif politiquement pour Barack Obama qui a fait de sa lutte contre les talibans l'une de ses grandes priorités internationales.
 
Les Etats-Unis vont désormais pouvoir utiliser l'espace aérien russe pour acheminer des soldats, des armes, des munitions, des pièces détachées et des véhicules (y compris des véhicules blindés). Il devrait y avoir de 4.500 vols par an, sans payer de droits de survol ni avoir à faire escale sur le territoire russe, a précisé un responsable de l'administration américaine. Signe du réchauffement de leurs relations, Moscou et Washington se sont aussi entendus pour reprendre les activités militaires communes suspendues en août 2008, date de la guerre russe en Géorgie.