Plus de cent cinquante morts et des centaines d'arrestations au cours d'émeutes ethniques en Chine

XINJIANG Le calme est revenu à Urumqi, mais le bilan officiel a été nettement revu à la hausse...

J.M. avec agence

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Un homme face à l'armée lors de émeutes en Chine le 6 juillet 2009 à Urumqi.
 
Un homme face à l'armée lors de émeutes en Chine le 6 juillet 2009 à Urumqi.   — David Gray/Reuters

Des émeutes ethniques, qui ont secoué dimanche Urumqi, capitale régionale du Xinjiang (nord-ouest), ont fait au moins 156 morts. Un peu plus tôt, l'agence officielle Chine Nouvelle a également fait état de 816 blessés et de centaines d'arrestations.

Un bilan sans commune avec les trois morts annoncés dans un premier temps, après les affrontements entre Ouïghours -minorité de langue turque- et Hans -ethnie majopritaire en Chine-. Alors que le calme est revenu à Urumqi ce lundi, la télévision centrale CCTV a diffusé des images des violences, montrant de nombreux civils ensanglantés, gisant à terre. Les images de victimes alternaient avec les plans de voitures et bus en flammes ou déjà carbonisés jusqu'au châssis.

L'autorité ouïghoure en exil accusée

A Urumqi, Chine Nouvelle a annoncé que «le gouvernement a publié une directive urgente lundi matin, annoncant que la circulation allait être contrôlée dans certaines zones afin de maintenir l'ordre social dans la ville et garantir l'exécution de leurs devoirs par les organes de l'Etat». Pékin a imputé la responsabilité de ces émeutes à la dissidence ouïghoure en exil, qui aurait selon les autorités poussé des Ouïghours à attaquer des Hans.

Des accusations relayées par CCTV, qui a affirmé que «ces incidents ont été contrôlés à distance et menés de l'intérieur à l'instigation de l'étranger». Selon la chaîne, l'organisation ouïghoure a incité à la violence avec des appels sur l'internet à ses sympathisants pour qu'ils se montrent «plus braves» et «fassent quelque chose de gros». Le Xinjiang, aux confins de l'Asie centrale, compte environ 8,3 millions de Ouïghours, dont certains dénoncent la répression politique et religieuse menée par la Chine sous couvert de lutte contre le terrorisme.