Honduras: vers une sortie de crise?

POLITIQUE Le chef d'Etat désigné après le coup d'Etat accepterait une des propositions de la communauté internationale...

avec agence

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Des soldats du Honduras bloquent l'accès à la résidence du président du Honduras, Manuel Zelaya, dans la capitale du pays Tegucigalpa, le 28 juin 2009.
Des soldats du Honduras bloquent l'accès à la résidence du président du Honduras, Manuel Zelaya, dans la capitale du pays Tegucigalpa, le 28 juin 2009. — Edgard Garrido / REUTERS
Première lueur de sortie de crise au Honduras: Roberto Micheletti, chef de l'Etat désigné après la destitution de Manuel Zelaya, a déclaré jeudi n'avoir «aucune objection» à une présidentielle anticipée. L'avancement du scrutin est une des solutions possibles que la communauté internationale souhaiterait voir acceptées par les deux camps rivaux. Néanmoins, la constitution interdirait à Manuel Zelaya de se représenter.

Cette déclaration de Roberto Micheletti ouvre de nouvelles perspectives de dialogue, en tout premier lieu avec le secrétaire général de l'Organisation des Etats américains (OEA), Jose Miguel Insulza, attendu ce vendredi au Honduras.

Pas de retour au pouvoir de Manuel Zelaya


Roberto Micheletti a toutefois écarté l'idée d'accepter un retour au pouvoir de Manuel Zelaya, comme l'ont exigé les Nations Unies et l'OEA, qui a menacé mercredi d'exclure le Honduras si le président n'était pas rétabli «dans les 72 heures». Jose Miguel Insulza ne vient pas «pour négocier» mais pour «réinstaller le président José Manuel Zelaya comme premier magistrat de cette nation», a souligné l'OEA.

L'ancien président a répété jeudi qu'il rentrerait au Honduras avec «au moins deux chefs d'Etat et plusieurs prix Nobel de la paix». Mais il n'a plus cité la date de dimanche, comme auparavant. A Tegucigalpa, jusqu'alors, Roberto Micheletti avait durci le ton.

Confirmant que Manuel Zelaya serait arrêté «immédiatement» s'il revenait, il avait fait approuver par le Congrès la suspension de certaines libertés constitutionnelles pendant le couvre-feu prolongé jusqu'à la fin de la semaine, notamment les droits d'association, de réunion, de mouvement ou de sortie du territoire.

Fermeté de la communauté internationale

Les ambassadeurs de France, d'Espagne et d'Italie - seuls pays européens avec l'Allemagne représentés à ce niveau - ont été «rappelés pour consultations». L'ambassadeur allemand est parti à la retraite récemment, et son successeur «ne sera nommé qu'à la lumière de l'évolution de la situation», selon Berlin.

Les pays d'Amérique centrale et les gouvernements de gauche du Venezuela, de Cuba, d'Equateur, de Bolivie et du Nicaragua ont annoncé une mesure similaire. La Colombie a suivi. La Banque mondiale et la Banque interaméricaine de développement (BID) ont confirmé le gel de leurs lignes de crédit au Honduras. Et le président vénézuélien Hugo Chavez a annoncé la suspension de l'envoi de pétrole vers le Honduras, qui bénéficie d'un accord de coopération énergétique avec Caracas.

«Succession constitutionnelle»

Toutefois, le Salvador a annoncé la réouverture au commerce de sa frontière avec le Honduras, après une fermeture de 48 heures décidée aussi par les présidents du Guatemala et du Nicaragua, les autres membres du Groupe Centraméricain-4 (CA-4).

Les nouvelles autorités honduriennes préparent une «campagne» internationale pour expliquer la «succession constitutionnelle», terme qu'elles voudraient entendre remplacer celui de «coup d'Etat». Et elles ont entamé mercredi un «dialogue national» ouvert à tous, «y compris ceux qui ont participé à l'administration de M. Zelaya».