Nicolas Sarkozy à Stockholm sur fond de désaccord sur la Turquie

EUROPE La Suède vient tout juste de prendre la présidence de l'Union européenne...

Avec agence

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La Commission européenne s'est montrée vendredi plus pessimiste qu'auparavant dans ses prévisions pour le déficit public et la croissance de la France, selon ses prévisions économiques d'automne publiées vendredi.
La Commission européenne s'est montrée vendredi plus pessimiste qu'auparavant dans ses prévisions pour le déficit public et la croissance de la France, selon ses prévisions économiques d'automne publiées vendredi. — Dominique Faget AFP

Cela faisait neuf ans qu'un président français ne s'était pas rendu à Stockholm. Nicolas Sarkozy est attendu en Suède ce vendredi, alors que le pays vient tout juste de prendre la présidence de l'Union européenne.

Le chef d'Etat français ne restera que quelques heures sur place mais les discussions avec le Premier ministre suédois, Fredrik Reinfeldt (centre-droit), s'annoncent intenses, alors que l'UE est toujours plongée dans la crise et que le traité de Lisbonne, censé en améliorer la gouvernance, n'est toujours pas sur les rails. Les deux pays devraient aborder la question des institutions, du changement climatique (préparation du sommet de Copenhague de décembre), de la régulation du système financier, et surtout de l'élargissement de l'Union.

«Désaccord radical» sur la Turquie

S'il n'y a «pas de divergences» d'approche entre les deux pays sur les trois premiers thèmes, selon l'Elysée, Paris reconnaît un «désaccord radical» sur le quatrième. Le voyage de Nicolas Sarkozy, initialement prévu début juin, avait même été reporté à la suite de divergences sur la Turquie.

Quelques jours auparavant, le ministre suédois des Affaires étrangères Carl Bildt avait en effet affirmé au «Figaro» qu'il fallait «éviter d'arrêter les élargissements», ajoutant que cela valait pour la Turquie.

Or, la France est opposée à l'intégration d'Ankara, à qui elle propose, comme l'Allemagne, un «partenariat privilégié». Selon un de ses proches, le président Sarkozy en avait conclu que dans ce contexte, une visite en Suède était «complètement inopportune».

Pas la même vision de la discipline budgétaire

La France souhaite également que la Suède, plus encline à plaider la cause de l'entrée de l'Islande dans l'UE, «se concentre sur les Balkans occidentaux» en premier lieu la Croatie, dont l'intégration patine à cause d'un différend frontalier avec la Slovénie, puis la Serbie, bloquée par les Pays-Bas dans l'attente de l'arrestation de criminels de guerre recherchés par le tribunal pénal international de La Haye.

Autre sujet de divergence: les déficits. Stockholm plaide pour un retour à la discipline budgétaire, après les centaines de milliards d'euros dépensés pour faire face à la crise. Paris prépare de son côté un «grand emprunt national» pour début 2010.

D'autres sujets devraient être plus consensuels, comme la coopération en matière de justice, de police, ou d'immigration.