Yemenia suspend ses liaisons avec Marseille

ACCIDENT Après le crash de son Airbus A310, mardi, qui a fait 152 morts, la communauté comorienne locale faisait pression sur la compagnie...

(avec agence)

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Airbus A310 de la compagnie Yemenia.
Airbus A310 de la compagnie Yemenia. — REUTERS

La compagnie aérienne Yemenia a annoncé jeudi qu'elle suspendait «dès à présent» ses vols au départ et à destination de Marseille «pour une durée indéterminée», après l'accident de son Airbus A310 mardi près des Comores qui a fait 152 morts dont 61 venus de Marseille.

>>Retrouvez notre dossier sur le crash de la Yemenia

Dans un communiqué, la compagnie yéménite, qui a dû annuler deux vols depuis Marseille mercredi et jeudi sous la pression de manifestations de la communauté comorienne locale, a invoqué «un cas de force majeure» et lié sa décision «aux graves événements survenus à l'aéroport de Marseille-Provence ces deux derniers jours et aux comportements violents qui sont à y déplorer».

Yemenia «ne peut poursuivre normalement l'exploitation de ses lignes au départ et à destination de cet aéroport sans mettre gravement en péril la sécurité des passagers, des usagers et des personnels qui y travaillent», selon le communiqué.

«La compagnie déplore que cette période de deuil soit affectée par des comportements inadmissibles qui interdisent la recherche sereine des causes de cette catastrophe et empêchent d'acheminer les familles des victimes jusqu'à Moroni», ajoute-t-elle.

«Yemenia, assassin»


Yemenia «s'engage à assurer le remboursement des billets (pendant) l'intégralité de la durée».

Cette annonce, intervenue après plus de quatre heures de discussions entre Yemenia, la direction de l'aéroport et des représentants de la communauté comorienne de Marseille, a été accueillie aux cris de «supprimez, supprimez» et «Yemenia, assassin» par une centaine de manifestants d'origine comorienne qui souhaitaient obtenir l'annulation définitive des vols ou au moins durant la saison d'été.

«On nous a menés en bateau», a dit Nasser Moegne qui avait représenté la communauté comorienne pendant les discussions, «on ne veut plus de Yemenia (pour) les vols (vers les) Comores».

Vers 21H30, les manifestants ont quitté le hall de l'aéroport alors qu'ils s'étaient dit déterminés une heure auparavant à y passer la nuit pour obtenir satisfaction.

Un commissaire de police de l'aéroport était venu les assurer que le président Nicolas Sarkozy avait promis d'affréter un avion pour les parents des victimes et que le parquet de Bobigny, chargé de l'enquête sur l'accident, s'engageait à faire régulièrement le point avec la communauté comorienne de Marseille.