Sarkozy va-t-en Suède

Sophie Cois

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Le Premier ministre suédois, Fredrik Reinfeldt, qui a pris les rênes de l'Union européenne (UE) pour six mois ce mercredi, reçoit aujourd'hui Nicolas Sarkozy. Au menu de cette rencontre : préparation du sommet de Copenhague de décembre sur le changement climatique, discipline budgétaire ou encore élargissement de l'UE.

Mais si la France et la Suède s'accordent sur la lutte contre le réchauffement de la planète, leurs positions divergent sur tous les autres sujets. « Le principal point de discorde sera la question de l'entrée de la Turquie dans l'UE », prévient Jean-Luc Sauron, professeur à Paris-Dauphine. La Suède défend une politique d'élargissement de l'UE et s'est dite favorable à l'entrée de la Turquie, alors que la France souhaiterait un « partenariat privilégié » avec Ankara. Un désaccord qui avait conduit Nicolas Sarkozy à repousser sa visite, initialement prévue le 2 juin, après des déclarations du ministre suédois des Affaires étrangères, qui appelait à la poursuite des élargissements. Cependant, Jean-Luc Sauron met en garde : « Il serait contre-productif pour la France de se fâcher avec la présidence suédoise alors qu'elle est à la manoeuvre pour la ratification du traité de Lisbonne » par les Vingt-Sept. Autre sujet de tension, la Suède a érigé la discipline budgétaire comme priorité de sa présidence au moment même où la France prépare un grand emprunt national. « Le temps des plans de relance arrive à sa fin. A présent, l'heure est venue de mettre en place une stratégie de sortie de crise, et ce, en particulier pour les pays qui ont de très gros déficits », a déclaré le Premier ministre suédois mardi dernier. W