L'espoir de retrouver des survivants s'amenuise

— 

Malgré d'importants moyens navals et aériens, mis à disposition par la France et les Etats-Unis, les recherches se poursuivaient difficilement hier. « Les opérations semblent compliquées, le lieu du crash n'est pas déterminé avec certitude, aucun corps n'est retrouvé », a déclaré le président de l'Union des Comores. Depuis le crash de l'A310 dans la nuit de lundi à mardi au large de l'archipel, seule la petite Bahia Bakari a été retrouvée vivante, et l'espoir de repêcher d'autres survivants est de plus en plus mince. Selon la porte-parole du Croissant-Rouge, « si on a autant de mal à récupérer les corps, c'est parce que l'avion se trouve à une profondeur de 300 à 400 m et qu'il est dans une position difficile d'accès ». Elle a précisé que des plongeurs professionnels avaient commencé à travailler hier dans la zone.

Le matin même, le premier vol Paris-Moroni de la compagnie Yemenia depuis l'accident s'est posé sans problème. Mais dès leur arrivée, les passagers ont exprimé leur colère. Un homme a confié qu'il avait perdu son beau-frère dans le crash, mais qu'il devait prendre l'avion. « Je n'ai pas le choix, je dois participer aux funérailles et sur les autres compagnies, comme Air Madagascar et Kenya Airways, c'est surchargé. Mais prendre un cercueil volant, ça fait toujours peur », a-t-il expliqué.

En France, la colère des Comoriens s'est également fait sentir. Des manifestants ont empêché l'enregistrement d'un vol Yemenia à Marseille, provoquant une nouvelle annulation après celle de mercredi. Nicolas Sarkozy, qui a rencontré hier la petite Bahia, a annoncé qu'il recevrait « la semaine prochaine les représentants des familles, qui ont droit à la vérité ». Le crash a aussi pris une tournure polémique, le vice-président comorien reprochant à Paris de ne pas avoir informé son pays de l'état de l'A310. Le ministre des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, a répondu : « L'avion a été interdit de vol dans notre pays, tout le monde le savait, hélas. » W

Sophie Cois