en plein marasme, le zimbabwe appelle à l'aide

Pierre Boisselet

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Le Premier ministre du Zimbabwe, Morgan Tsvangirai, veut sortir son pays

de la crise dans laquelle il s'est enfoncé depuis 2000. Mais pour cela, cet opposant historique au président Mugabe a besoin d'argent frais. C'était l'un des principaux objectifs de sa tournée dans les capitales occidentales, qui s'est achevée par la France, hier.

La récolte semble avoir été fructueuse (voir encadré). Les Etats-Unis et l'Union européenne ont promis de soutenir l'économie du Zimbabwe, ruiné. Mais pour éviter que l'argent ne tombe dans les poches du dictateur Mugabe, avec qui Tsvangirai partage le pouvoir depuis un accord en 2008, l'aide sera versée à des organisations humanitaires internationales, qui la transmettront à la population. La France a insisté, hier, sur la nécessité de faire respecter les droits de l'homme dans le pays - bafoués, selon les ONG - et annoncé que le retour de l'aide directe au gouvernement ne sera que « progressif ».

La population a besoin d'aide d'urgence. La monnaie nationale n'existe plus, à cause d'une hyperinflation qui a atteint 500 milliards pour cent en 2008, le point d'orgue d'une décennie de descente aux enfers. Les fonctionnaires, qui n'étaient plus payés convenablement, s'étaient mis en grève, bloquant les services publics les plus élémentaires, comme l'accès à l'eau potable. Les hôpitaux avaient fermé alors que le choléra faisait des ravages (plus de 4 000 morts depuis le début de l'épidémie). Début 2009, le taux de chômage était de 94 %, selon l'ONU.

Si depuis l'arrivée au pouvoir de Morgan Tsvangirai en février la situation s'améliore doucement - le FMI prévoit une croissance positive de 2,8 % pour 2009 (contre - 14 % en 2008) et l'épidémie de choléra est enrayée -, la situation reste extrêmement fragile. Le choléra pourrait à nouveau faire des ravages en septembre avec la saison des pluies, et d'après l'ONU, 2,8 millions de Zimbabwéens vont encore manquer de nourriture d'ici à mars 2010. Morgan Tsvangirai estime que 6 milliards d'euros sont nécessaires pour reconstruire le pays.

En 2008, l'aide de la France - limitée jusqu'à présent à l'alimentaire et à la santé, notamment pour la lutte contre le sida - était de 6 millions d'euros. Elle devrait être maintenue au même niveau pour l'année 2009. W