Moussavi sous la pression des conservateurs

— 

Moussavi estime que son accès à la population est limité par les autorités.
Moussavi estime que son accès à la population est limité par les autorités. — BIJAN / EPA / SIPA

Le chef de la contestation en Iran, Mir Hossein Moussavi, s'est dit hier la cible de pressions du pouvoir pour renoncer à sa demande d'annulation de la présidentielle, selon l'AFP. Il a expliqué que son « accès à la population est complètement limité » par les autorités. « La publication de Kalameh Sabz [son journal de campagne] a été interdite et les membres de la rédaction ont été arrêtés. » Selon lui, ce musellement est dangereux et pourrait « conduire la nation à plus de violence ». Il a toutefois réitéré son appel à la poursuite du mouvement de contestation dans le calme.

Même son de cloche chez le grand ayatollah dissident Hossein Ali Montazeri, dont le rang est le plus élevé dans le clergé chiite iranien. « Si le peuple ne peut pas revendiquer ses droits légitimes dans des manifestations pacifiques et s'il est réprimé, la montée de la frustration pourrait détruire les fondations de n'importe quel gouvernement, aussi fort soit-il », a-t-il déclaré, en appelant lui aussi à poursuivre la contestation dans le calme.

Le pouvoir a exclu l'annulation du scrutin et a annoncé que le nouveau président et son gouvernement seraient investis entre le 26 juillet et 19 août. De son côté, Ahmadinejad a demandé au président américain, Barack Obama, de ne plus s'ingérer dans les affaires iraniennes et traité d'« attardés politiques » « la bande qui dirige les gouvernements de Grande-Bretagne et d'autres pays européens » ayant critiqué le pouvoir en Iran.

La contestation, sans précédent depuis trente ans, a été durement réprimée ces derniers jours. Les manifestations ont donc considérablement perdu de leur ampleur. Le candidat réformateur à la présidentielle Mehdi Karoubi qui, comme Moussavi, accuse le gouvernement de fraude électorale, a renoncé à organiser une cérémonie de deuil en mémoire des manifestants tués (au moins dix-sept personnes), faute d'autorisation. Par ailleurs, huit membres de la milice islamique iranienne du bassidj ont été tués dans les manifestations, a annoncé hier la télévision publique Press TV. W