Sommet de l’OCS : Vladimir Poutine et Xi Jinping se rencontrent ce jeudi avec l’Ukraine et Taïwan en toile de fond

ALLIANCE Les dirigeants de la Chine et de la Russie vont se rencontrer en Ouzbékistan dans le cadre d’un sommet de deux jours de l’Organisation de coopération de Shanghai

20 Minutes avec AFP
Le président russe Vladimir Poutine et son homologue chinois Xi Jinping, à Pékin le 8 juin 2018 (illustration).
Le président russe Vladimir Poutine et son homologue chinois Xi Jinping, à Pékin le 8 juin 2018 (illustration). — Alexander Zemlianichenko/AP/SIPA

C’est une rencontre aux allures de front face à l’Occident. Les présidents de la Chine Xi Jinping et de la Russie Vladimir Poutine se réunissent ce jeudi en Ouzbékistan pour un sommet régional, en pleines tensions exacerbées par la guerre en Ukraine mais aussi par la diplomatie américaine envers Taïwan.

Les deux présidents seront rejoints dans la ville de Samarcande, une étape clé sur l’antique Route de la soie, par les dirigeants de l'Inde, du Pakistan, de la Turquie, de l'Iran et d’autres pays pour un sommet de deux jours de l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS). Si la principale réunion de ce sommet aura lieu vendredi, c’est la rencontre bilatérale entre les présidents chinois et russe ce jeudi qui sera la plus scrutée, leurs pays étant au cœur de crises diplomatiques internationales.

Le Kremlin veut tourner ses alliances vers l’Asie

Pour Vladimir Poutine, qui s’efforce d’accélérer un pivot vers l’Asie face aux sanctions occidentales contre Moscou pour son invasion de l’Ukraine, ce sommet est l’occasion de montrer que la Russie n’est pas isolée sur la scène mondiale. Xi Jinping, qui effectue en Asie centrale son premier déplacement à l’étranger depuis le début de la pandémie de coronavirus, pourra renforcer encore sa stature de dirigeant de premier plan avant un congrès du Parti communiste chinois en octobre lors duquel il vise un troisième mandat inédit.

Leur rencontre a aussi un air de défi lancé aux Etats-Unis, qui ont pris la tête des sanctions contre Moscou et du soutien militaire à Kiev, et qui ont suscité l’ire de Pékin avec la visite de plusieurs responsables américains à Taïwan. « L’Organisation de coopération de Shanghai offre une alternative réelle aux structures orientées vers l’Occident », a d’ailleurs assuré mardi le conseiller diplomatique du Kremlin, Iouri Ouchakov. Il s’agit de la « plus grande organisation du monde, qui comprend la moitié de la population de la planète » et elle œuvre pour un « ordre international juste », a-t-il ajouté.

L’Afghanistan également au menu des discussions

L’OCS, dont les membres sont la Chine, la Russie, l’Inde, le Pakistan et les ex-républiques soviétiques d’Asie centrale, a été créée en 2001 comme un outil de coopération politique, économique et sécuritaire concurrent des organisations occidentales. Il ne s’agit pas d’une alliance militaire comme l’Otan, ni d’une organisation d’intégration politique comme l’Union européenne, mais ses membres travaillent ensemble pour répondre à des défis sécuritaires communs et promouvoir le commerce. Le conflit en Ukraine, la situation en Afghanistan ou encore les troubles qui ont secoué plusieurs pays d’Asie centrale ces derniers mois devraient figurer parmi les principaux sujets abordés.