Le pouvoir accroît la pression

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L'Etat iranien a poursuivi hier ses accusations contre l'Occident, affirmant que la CIA américaine était impliquée dans les manifestations dénonçant la réélection de Mahmoud Ahmadinejad. Concernant le Royaume-Uni, le chef de la diplomatie iranienne, Manouchehr Mottaki, a affirmé que Téhéran envisageait de diminuer le niveau de ses relations bilatérales.

L'Iran a également accentué la pression sur les partisans de l'opposant Mir Hossein Moussavi. La forte présence policière a ainsi dissuadé quelques centaines d'Iraniens qui se trouvaient à proximité du Parlement à Téhéran de se rassembler en cours d'après-midi, ont affirmé des témoins. Aucune manifestation n'a eu lieu dans la capitale depuis lundi, alors qu'elles étaient quasi quotidiennes depuis l'annonce, le 13 juin, de la réélection du président ultraconservateur Mahmoud Ahmadinejad. Un mouvement de contestation populaire sans précédent depuis la révolution de 1979. Les autorités ont également interpellé quelque vingt-cinq journalistes et membres du personnel du quotidien Kalemeh Sabz, lancé pour soutenir la campagne de Moussavi, puis interdit de parution.

Le Guide suprême, Ali Khamenei, a de son côté réaffirmé que le pouvoir islamique ne plierait pas face à la pression de la rue. « Au moment des récents incidents concernant l'élection, j'ai insisté [sur la nécessité] d'appliquer la loi et je continuerai d'insister là-dessus. Ni le système, ni le peuple ne céderont à la force », a-t-il martelé.

Moussavi s'est, en outre, retrouvé un peu plus isolé après qu'un autre candidat contestant la régularité du scrutin, Mohsen Rezaï, a retiré sa plainte auprès du Conseil des gardiens de la Constitution, chargé de valider les élections. Cet organe doit désormais rendre sa décision d'ici à lundi. Elle semble déjà acquise à Ahmadinejad, le porte-parole du Conseil ayant indiqué que rien ne semblait devoir annuler le scrutin. W