Etats-Unis : Un juge autorise les entreprises à ne pas rembourser un médicament contre le sida

SANTÉ Des entreprises chrétiennes estiment que rembourser ce traitement les rendrait « complices de comportements homosexuels »

20 Minutes avec agences
L'utilité des médicaments et antidépresseurs agissant sur le niveau de sérotonine dans le cerveau est donc remis en cause pour traiter la dépression. (illustration)
L'utilité des médicaments et antidépresseurs agissant sur le niveau de sérotonine dans le cerveau est donc remis en cause pour traiter la dépression. (illustration) — stevepb / Pixabay

Un juge américain a donné raison ce mercredi à des employeurs chrétiens qui refusaient, pour raison religieuse, de fournir à leurs salariés une assurance santé assurant le remboursement les médicaments de prévention du sida. Reed O’Connor, le magistrat en question qui siège au Texas, est connu pour avoir pris plusieurs décisions hostiles à la grande loi « Obamacare » sur l’assurance médicale.

La PrEP, pour « prophylaxie pré-exposition », est recommandée systématiquement aux hommes ayant des relations sexuelles avec les hommes, aux hétérosexuels ayant des comportements à risque et aux personnes utilisant des seringues pour se droguer. Alors que ce médicament est efficace à 99 %, seules 23 % des personnes qui pourraient en bénéficier l’utilisaient en 2019.


« Complices de comportements homosexuels »

La loi mise en place sous la présidence de Barack Obama impose aux assureurs privés de rembourser certains soins préventifs et laisse aux autorités sanitaires le soin de définir lesquels. Celles-ci ont inclus en 2020 les médicaments PrEP, des comprimés qui empêchent la transmission du VIH et sont notamment recommandés aux hommes gays.

Plusieurs personnes et deux entreprises chrétiennes ont alors saisi la justice pour contester la couverture de ces médicaments au nom de leurs convictions religieuses. Ils estiment que cela « les rend complices de comportements homosexuels », a rappelé le juge O’Connor, qui considère l’obligation de rembourser ces pilules comme une violation de la loi fédérale sur les libertés religieuses.

De l’homophobie pure et simple selon Nancy Pelosi

Le gouvernement a réagi dans la soirée en affirmant que la décision allait être « examinée ». L’administration Biden « est dévouée à la protection de l’accès des Américains à des soins préventifs gratuits », a affirmé sur Twitter Karine Jean-Pierre, porte-parole de la Maison-Blanche.

Le jugement a été aussi vivement critiqué par Nancy Pelosi, cheffe démocrate de la Chambre des représentants. « Cette décision dérangeante relève ouvertement de l’homophobie », a-t-elle déclaré dans un communiqué, faisant le lien entre cette décision et celle de la Cour suprême de révoquer le droit à l’avortement aux Etats-Unis.