Guerre en Ukraine : Des réserves de munitions en suspens et du soutien en milliards de dollars

RECAP' Ce jeudi 8 septembre, « 20 Minutes » fait le point pour vous, comme tous les soirs, sur l’avancée du conflit en Ukraine

M.P. avec AFP
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Un militaire du groupe Wagner tire sur les positions ukrainiennes, dans la République populaire de Donetsk.
Un militaire du groupe Wagner tire sur les positions ukrainiennes, dans la République populaire de Donetsk. — Viktor Antonyuk/SPUTNIK/SIPA
  • La Russie a lancé son « opération militaire » en Ukraine le jeudi 24 février. Tous les soirs, à 19h30, 20 Minutes vous propose son point récap' sur le conflit diplomatique russo-ukrainien devenu une guerre qui fait chaque jour des morts, des blessés et des milliers de réfugiés.
  • Qui a fait quoi ? Qui a dit quoi ? Et qui soutient qui et pourquoi ? Vous saurez tout sur l’avancée des négociations et sur les événements de cette crise qui secoue la Russie, l’Ukraine, l’Europe ou encore les Etats-Unis.
  • Ce jeudi, en visite surprise à Kiev, le secrétaire d’Etat américain a évoqué une nouvelle aide militaire de 2,7 milliards de dollars pour l’Ukraine et d’autres pays de la région, en pleine contre-offensive ukrainienne contre les forces russes.

Vous avez raté les derniers événements sur la guerre en Ukraine ? Pas de panique, 20 Minutes fait le point pour vous tous les soirs, à 19h30. Qui a fait quoi ? Qui a dit quoi ? Où en sommes-nous ? La réponse ci-dessous :

L’actu du jour

Ce jeudi (197e jour de guerre en Ukraine), Antony Blinken a fait le voyage en secret, pour cette seconde visite à Kiev depuis le début de l’invasion russe. Le secrétaire d’Etat américain a commencé par visiter un hôpital traitant des enfants victimes de la guerre, en compagnie de son homologue ukrainien Dmytro Kouleba, avant une rencontre avec le président ukrainien Volodymyr Zelensky.

Quelques heures avant l’arrivée d’Anthony Blinken à Kiev, le secrétaire d’Etat à la Défense Lloyd Austin, présent sur la base militaire de Ramstein en Allemagne, a participé à une réunion avec les représentants de plus de 40 pays. Lors de ce sommet consacré aux défis posés par les livraisons d’armes, cruciales pour l’Ukraine, Washington a promis quelque 2,8 milliards de dollars de soutien en plus à Kiev et à d’autres pays de la région.

Dans cette somme, 675 millions iront directement à Kiev sous forme de livraisons d’armements, de munitions et de systèmes d’artillerie Himars qui ont déjà permis à Kiev de frapper les lignes d’approvisionnement russes loin derrière la ligne de front. Pour les 2,2 milliards restants, ils seront versés en tant que prêts et subsides à l’Ukraine et à 18 autres pays se sentant menacés par la Russie, pour l’achat d’armes américaines. Parmi les pays éligibles figurent la Géorgie et la Moldavie, les pays baltes ou encore à la Bosnie.

Le chiffre du jour

700. C’est, en kilomètres carrés, les territoires repris ce jeudi par les forces ukrainiennes dans les régions de Kharkiv (Nord-Est), dans le Sud et dans le Donbass (Est). « Les unités militaires ont pénétré les défenses ennemies sur une profondeur de 50 km. Au cours des opérations actives menées dans la direction de Kharkiv, plus de 20 localités ont été libérées », a indiqué lors d’une conférence de presse Oleksiï Gromov, un haut responsable de l’état-major ukrainien.

La phrase du jour

« La zone euro risque une récession pour l’année 2023 en cas de coupure totale des livraisons de gaz russe. »

Tels sont les mots de Christine Lagarde, présidente de la Banque centrale européenne, prononcés lors d’une conférence de presse ce jeudi. Un « scénario pessimiste » de prévisions élaboré par l’institution monétaire anticipe « une récession pour 2023, a-t-elle ajouté. Nous y sommes presque. »

La tendance du jour

Qui épuisera son équipement le premier ? Voici la question que se posent les experts depuis quelques jours. Entre des Ukrainiens qui ont désespérément besoin d’aide militaire occidentale et des Russes sous sanctions qui font feu de tout bois, quel camp se retrouvera le premier à genoux faute d’obus, de bombes, de missiles ? Le Pentagone a affirmé que « la Russie a approché la Corée du Nord pour lui demander des munitions ». De son côté, le ministère britannique de la Défense relève que les Russes semblaient faire voler beaucoup moins de drones depuis quelques jours.

Les gouvernements occidentaux et ukrainiens martèlent donc que la Russie souffre de fortes carences logistiques, que les frappes, notamment grâce aux armements occidentaux, lui font très mal, et qu’elle utilise des armements obsolètes car son stock s’épuise. « Ce qu’il reste aux Russes est mystérieux. Ils avaient le stock suffisant pour leur plan initial, mais le fait est que la guerre dure plus que prévu », explique le français Pierre Grasser, chercheur associé au laboratoire Sirice. « Les chances d’un épuisement militaire russe sont bien plus élevées que celles d’un épuisement militaire ukrainien » estime, pour sa part, l’expert français Bruno Tertrais, directeur adjoint de la Fondation pour la recherche stratégique (FRS).

Pour autant, sur les réseaux sociaux, des comptes spécialisés dans l’identification des armements relèvent que l’Ukraine tire, elle, des obus pakistanais ou iraniens par exemple. « Techniquement, l’Ukraine a de quoi tenir jusqu’au début de l’hiver. Il y a toutefois quelques questionnements sur la capacité de l’Otan à fournir au-delà, abonde Pierre Grasser. Nous entrons dans une période d’équilibre instable : celui qui risque de perdre la bataille de l’attrition, c’est celui qui pourrait lancer la contre-offensive de trop ».