Guerre en Ukraine : A Vladivostok, Vladimir Poutine fustige l’Europe et le monde de bon matin

PRISE DE PAROLE Le président russe intervenait lors d’un forum économique tourné vers l’Asie à Vladivostok

20 Minutes avec AFP
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Le président russe Vladimir Poutine à Saint-Pétersbourg en Russie le 27 avril 2022.
Le président russe Vladimir Poutine à Saint-Pétersbourg en Russie le 27 avril 2022. — Alexander Demianchuk/TASS/Sipa U/SIPA

Il parle peu, mais quand il parle, on en entend parler. Ce mercredi matin, lors d’un forum économique tourné vers l’Asie à Vladivostok, Vladimir Poutine a pris la parole pour, comme à son habitude, menacer à tour de bras les Ukrainiens et les Occidentaux. Le président russe a dénoncé « le refus obstiné des élites occidentales de voir les faits » et « la domination insaisissable des Etats-Unis ».

La raison ? Une nouvelle série de sanctions lancées par les alliés de l’Ukraine à son encontre. Petit tour d’horizon des contrariétés matinales du chef du Kremlin, définitivement irascible à l’heure du café.

Une missive pour les Occidentaux

Il est « impossible » pour les pays occidentaux d’isoler la Russie en dépit des sanctions contre Moscou qui représentent une « menace pour le monde entier », a déclaré mercredi le président russe Vladimir Poutine.

« Peu importe combien certains voudraient isoler la Russie, il est impossible de le faire », a lancé Poutine lors de ce forum économique tourné vers l’Asie. La pandémie de nouveau coronavirus « a été remplacée par de nouveaux défis d’ordre global, qui menacent le monde entier. Je veux parler de la fièvre de sanctions de l’Occident », a-t-il ajouté.

Une autre pour l’Ukraine

Le président russe a également affirmé mercredi que les exportations de céréales ukrainiennes allaient majoritairement vers les pays européens et non pas vers les pays pauvres, ce qui pose un risque de « catastrophe humanitaire ». « Presque toutes les céréales exportées d’Ukraine sont envoyées non pas aux pays en développement et aux pays les plus pauvres, mais aux pays de l’Union européenne », a déclaré Vladimir Poutine.

Un scud sur le gaz

Mercredi, Vladimir Poutine a tenu à être clair : la Russie ne livrera plus de pétrole ou de gaz aux pays qui plafonneraient les prix des hydrocarbures vendus par Moscou. Plafonner les prix des hydrocarbures russes serait « une décision absolument stupide », « une bêtise », a lancé le président russe. « Si les pays européens veulent renoncer à leurs avantages compétitifs, c’est à eux de décider », a-t-il prévenu. Mais « nous ne livrerons rien du tout si c’est contraire à nos intérêts, en l’occurrence économiques. Ni gaz, ni pétrole, ni charbon (…). Rien », a-t-il ajouté, le ton ferme.

« Nous ne fournirons rien en dehors du cadre des contrats » signés avec les pays importateurs, a encore affirmé Vladimir Poutine devant plusieurs dirigeants économiques russes et asiatiques, fustigeant « ceux qui essaient de nous dicter leur propre volonté ».

« Ils disent que la Russie utilise l’énergie comme une arme. Encore un non-sens ! », a-t-il également lancé. Moscou se défend notamment en arguant que les sanctions à son encontre pour son offensive en Ukraine ont provoqué une pénurie de pièces de rechange qui menace l’intégrité de Nord Stream. « Donnez-nous une turbine et demain nous relancerons Nord Stream », a lancé le président russe à l’adresse des Européens. « Nous sommes prêts à (reprendre les exportations) demain. Tout ce que vous avez à faire est d’appuyer sur un bouton », a-t-il enfin affirmé, rappelant que ce n’était pas la Russie qui avait « imposé des sanctions ».

Un tacle sur l’inflation

Vladimir Poutine a estimé que le « pic » des difficultés économiques causées en Russie par les sanctions occidentales, prises à la suite de l’offensive en Ukraine, était « passé », malgré des « problèmes » logistiques dans certains secteurs. « La situation se normalise », s’est félicité le président russe avant d’ajouter : « cela se traduit par (une amélioration) des indicateurs macroéconomiques », avec notamment « un taux de chômage au plus bas, à 3,9 % » et « une inflation en baisse ».

Vladimir Poutine en a profité pour égratigner une nouvelle fois ses adversaires : « la Russie est peut-être le seul pays capable d’être autosuffisant en ressources naturelles », au moment où « un à un, les emplois et les entreprises disparaissent en Europe. » Les prix, déjà en hausse en Russie en raison de la reprise post-pandémie et de la flambée des prix des matières premières, avaient connu un embrasement à la suite de l’imposition de sanctions à la Russie. En juillet, l’inflation enregistrée en Russie avait été de 15,1 % sur un an, selon l’agence de statistiques Rosstat.


Mais toujours un mot doux pour les alliés

Le patron du Kremlin a cependant salué le « rôle croissant » de la région Asie Pacifique dans les affaires du monde, à l’opposé d’un Occident qu’il a dépeint comme sur le déclin. « Le rôle des pays de la région Asie Pacifique a connu une forte croissance », a déclaré Vladimir Poutine lors de ce forum à Vladivostok (Extrême-Orient russe), lors duquel il devait s’entretenir avec des dirigeants et hauts responsables asiatiques.