Boîtes noires: «Le courant, la température de l'eau et la profondeur altèrent la qualité du signal»

INTERVIEW Trois questions à Pierre Jeanniot, co-concepteur des boîtes noires, ancien directeur d'Air Canada puis de l'Association internationale du transport aérien (IATA)...

Propos recueillis par Julien Ménielle
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Photo non datée de Pierre Jeanniot, ancien directeur d'Air Canada et de l'Association internationale du transport aérien (IATA), qui a participé à la conception des boites noires.
Photo non datée de Pierre Jeanniot, ancien directeur d'Air Canada et de l'Association internationale du transport aérien (IATA), qui a participé à la conception des boites noires. — CATUFFE/SIPA

Pourquoi n'arrive-t-on pas à repérer les boîtes noires?

Les signaux émis par les balises sont facilement audibles dans l'air, mais pas dans l'eau, où ils sont déformés. Le courant, la température de l'eau et la profondeur altèrent la qualité du signal, qui est par ailleurs très difficile à localiser dans cet élément.


Reste-t-il vraiment un espoir de retrouver les données de vol?

Comme on le sait, les balises des boîtes noires n'émettent jamais au-delà de trente jours. A une telle profondeur, la température de l'eau peut par ailleurs altérer les piles, donc réduire la durée d'émission du signal. En revanche, les données, elles, ne se dégradent pas, sauf si de l'eau de mer a pénétré dans la boîte.


La technologie des boîtes noires n’est-elle pas obsolète?

Je le dis depuis 5 ou 6 ans! Et d'autant plus volontiers que j'ai participé à leur conception, il y a quarante ans… Aujourd'hui, la technologie satellitaire est à l'essai, mais il faut encore trouver des manufacturiers suffisamment solides pour effectuer tous les tests et développer un nouveau modèle. Il faut aussi une volonté des gouvernements, comme cela avait été le cas lors de la mise en place des premières boîtes noires.


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