Le Royaume-Uni est une « nation amie », « quels que soient ses dirigeants », d’après Emmanuel Macron

DIPLOMATIE Liz Truss, favorite au poste de Premier ministre Britannique, avait déclaré ne pas savoir si Emmanuel Macron était un « ami ou un ennemi »

J.-L.D. avec AFP
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Emmanuel Macron considère le Royaume-Uni comme un ami sans condition de la France
Emmanuel Macron considère le Royaume-Uni comme un ami sans condition de la France — ANDY BUCHANAN / POOL / AFP

Nous sommes friends, même si sometimes on se hate un peu. Entre le Royaume-Uni et la France, la relation a toujours été tumultueuse, façon Ross et Rachel, Benzema et l’équipe de France ou Son Goku et Vegeta. Après que la favorite au poste de Premier ministre britannique, Liz Truss, a refusé de dire si Emmanuel Macron était « ami ou ennemi » de son pays, le président français a affirmé ce vendredi : « Le Royaume-Uni est une nation amie, forte et alliée, quels que soient ses dirigeants. »

« Le peuple britannique, la nation qui est le Royaume-Uni est une nation amie, forte et alliée, quels que soient ses dirigeants, et parfois malgré et au-delà de ses dirigeants ou des petites erreurs qu’ils peuvent faire dans des propos d’estrade », a déclaré le chef de l’Etat français en marge d’une visite officielle en Algérie.

« On va vers de sérieux problèmes »

« Si on n’est pas capable, entre Français et Britanniques, de dire si on est ami ou ennemi -- le terme n’est pas neutre -- on va vers de sérieux problèmes », a estimé Emmanuel Macron, lors d’une conférence de presse, après une visite au cimetière Saint-Eugène, dans la banlieue d’Alger. « Ce n’est jamais bon de trop perdre ses repères dans la vie. Si on me posait la question (…), quelle que soit la personne qui est considérée le leadership à venir en Grande-Bretagne, je ne m’interroge pas une seule seconde. Le Royaume-Uni est ami de la France », a-t-il insisté.

Liz Truss, toujours cheffe de la diplomatie de son pays, dans un gouvernement gérant les affaires courantes, aspire à succéder au 10 Downing Street à Boris Johnson, démissionnaire en juillet. Quand elle fut interrogée sur « Macron, ami ou ennemi ? », Li Truss a répondu « le jury est toujours en train de délibérer », faisant rire la salle. « Si je deviens Première ministre, je le jugerai sur ses actes et pas sur ses mots », a-t-elle ajouté.

BoJo à la rescousse de Macron

De nombreux dossiers de contentieux existent entre la France et le Royaume-Uni, notamment la gestion des dossiers de l’après-Brexit, que ce soient la pêche ou l’Irlande du Nord. Les deux pays, alliés au sein de l’Otan, ont également eu des approches différentes face à l’invasion russe de l’Ukraine, Boris Johnson adoptant une ligne très dure contre Vladimir Poutine tandis que le président français a défendu la nécessité de garder le dialogue ouvert avec le maître du Kremlin.

Interrogé sur ce début de polémique ce vendredi, Boris Johnson a assuré « avoir toujours eu de très bonnes relations avec Emmanuel Macron ». Le président français, a-t-il ajouté en français, « est un très bon buddy (copain) de notre pays ».

Les relations avec la France « sont extrêmement importantes. Elles sont très bonnes depuis très longtemps, depuis l’époque de Napoléon en fait, et je pense qu’il faut s’en féliciter », a ajouté le Premier ministre sortant lors d’une visite sur le terrain dans le Surrey (sud-ouest de Londres). « Et en ce qui concerne Emmanuel, j’ai eu de très bonnes relations avec lui, et je peux vous dire une chose, c’est un très grand admirateur de notre pays », a-t-il conclu.