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MONDEAprès cinq ans d’exode, les Rohingyas de Birmanie attendent la justice

Bangladesh : Les grandes dates des cinq années d’exil des Rohingyas de Birmanie

MONDELes Rohingyas, minorité musulmane de Birmanie, ont été contraints à l’exode en 2017 pour fuir les exactions de l’armée birmane
Quelque 740.000 Rohingyas se sont réfugiés au Bangladesh pour fuir les exactions en 2017.
Quelque 740.000 Rohingyas se sont réfugiés au Bangladesh pour fuir les exactions en 2017. - Salman Ali/Hindustan Times/Shutt/SIPA / SIPA
20 Minutes avec AFP

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Déjà cinq ans d’exode. En 2017, quelque 740.000 Rohingyas se sont réfugiés au Bangladesh pour fuir les exactions de l’armée birmane et de milices bouddhistes, qui valent aujourd’hui à la Birmanie une plainte pour génocide auprès de la Cour internationale de justice (CIJ).

Des attaques rebelles punies de représailles meurtrières à l’exode, du coup d’état de la junte militaire aux accusations de génocide, 20 Minutes revient sur les principaux événements qui ont touché la population Rohingya ces cinq dernières années.

Attaques rebelles et représailles

Le 25 août 2017, les insurgés de l’Armée du salut des Rohingyas de l’Arakan (ARSA) lancent une trentaine d’attaques contre des postes de police dans l’Etat Rakhine (ouest). Au moins douze policiers sont tués. L’armée riposte par des raids sur des villages rohingyas, présentés comme des opérations antiterroristes.

L’ONU évoque au moins 1.000 morts les deux premières semaines, des civils pour la plupart selon les opposants au régime. Des témoignages font état de meurtres, de viols et d’incendies criminels. Des dizaines de milliers de Rohingyas fuient au Bangladesh voisin, où ils s’installent dans des camps de fortune déjà surpeuplés.

Aung San Suu Kyi sort du silence

Le 19 septembre, dans un discours en anglais destiné à l’étranger, la dirigeante de facto de la Birmanie Aung San Suu Kyi se dit ouverte à un retour des Rohingyas. La communauté internationale dénonce son ambiguïté à l’égard de la minorité musulmane, des apatrides considérés par la société birmane comme des étrangers menaçant l’identité nationale.

Le 23 novembre, la Birmanie et le Bangladesh signent un accord sur le retour « dans les deux mois » des réfugiés. Le texte reste lettre morte.

Suspicion de génocide

Le 27 août 2018, des enquêteurs de l’ONU demandent que la justice internationale poursuive le chef de l’armée birmane Min Aung Hlaing et cinq autres officiers de haut rang pour « génocide », « crimes contre l’humanité » et « crimes de guerre ».

Le 20 décembre, l’armée birmane réalise de nouvelles « opérations de nettoyage » dans l’Etat Rakhine après des attaques, dont l’une imputée à des Rohingyas.

Sanctions américaines

Le 16 juillet 2019, Washington annonce des sanctions contre le chef de l’armée et trois autres responsables militaires.

A partir du 22 août, quelque 3.500 Rohingyas sont autorisés à rentrer en Birmanie s’ils le souhaitent. Aucun ne se présente à la frontière, faute de garanties de sécurité.

Poursuites judiciaires

Le 11 novembre 2019, la Gambie, mandatée par les 57 Etats membres de l’Organisation de la coopération islamique (OCI), entame une action contre la Birmanie pour « actes de génocide » devant la CIJ, la plus haute juridiction de l’ONU.

De son côté, la Cour pénale internationale (CPI), dont le siège est également à La Haye, donne son feu vert à une enquête. Parallèlement, une plainte a été déposée en Argentine, en invoquant le principe de justice universelle.

Aung San Suu Kyi devant la CIJ

Le 11 décembre 2019, Aung San Suu Kyi se présente personnellement devant la CIJ pour défendre son pays. Elle admet que l’armée a peut-être eu un recours excessif à la force, mais réfute les accusations de génocide.

Le 23 janvier 2020, la CIJ ordonne à la Birmanie de « prendre toutes les mesures en son pouvoir » afin de prévenir tout crime de génocide.

Coup d’Etat de l’armée birmane

Le 1er février 2021, l’armée birmane renverse le gouvernement élu d’Aung San Suu Kyi. Avec Min Aung Hlaing à sa tête, la junte entame une répression sanglante, marquée fin juillet 2022 par quatre exécutions, les premières dans le pays depuis plus de trente ans.

Aung San Suu Kyi, inculpée d’une multitude d’infractions, a déjà été condamnée à dix-sept ans de détention et risque au total des décennies de prison. La prix Nobel de la paix, âgée de 77 ans, se trouve actuellement en détention.

La CIJ compétente

Le 21 mars 2022, les Etats-Unis reconnaissent officiellement que les Rohingyas ont été victimes d’un « génocide » perpétré par l’armée birmane, affirmant qu’il existe des preuves évidentes d’une tentative de « destruction » de cette minorité musulmane.

Le 22 juillet, la CIJ, rejetant les objections du pouvoir birman, se déclare compétente pour juger l’accusation de génocide portée par la Gambie.

Dans la nuit du 9 au 10 août, deux dirigeants rohingyas sont abattus dans un camp de réfugiés au Bangladesh, dernières victimes d’une série de meurtres attribués, selon des sources rohingyas, à l’ARSA.

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