Somalie : Fin du siège d’un hôtel de Mogadiscio par des islamistes, au moins 13 civils tués

TERRORISME Les djihadistes shebab ont revendiqué la responsabilité du siège d’une trentaine d’heures dans l’hôtel Hayat

20 Minutes avec AFP
Les forces de sécurité somaliennes autour de l’hôtel Hayat, à Mogadiscio le 20 août 2022.
Les forces de sécurité somaliennes autour de l’hôtel Hayat, à Mogadiscio le 20 août 2022. — Farah Abdi Warsameh/AP/SIPA

La violence endeuille une nouvelle fois lourdement la Somalie. Les forces de sécurité ont mis fin samedi soir au siège d’un hôtel de Mogadiscio par des djihadistes shebab, qui a duré une trentaine d’heures et fait plus d’une dizaine de victimes civiles. L’établissement a été détruit par un bombardement visant à éliminer les assaillants qui s’y étaient retranchés et doit désormais être débarrassé de tous les explosifs qui auraient pu y être placés.

« Les forces de sécurité ont maintenant mis fin au siège et les hommes armés sont morts, nous n’avons pas eu de tirs depuis le bâtiment au cours de l’heure écoulée », a annoncé vers minuit un haut responsable sécuritaire, sans préciser le nombre de victimes parmi les civils et parmi les assaillants. Selon d’autres responsables somaliens, au moins 13 civils ont été tués au début de l’attaque par ces combattants affiliés à Al-Qaida.

Un nouveau président depuis juin

De très nombreuses personnes ont été prises au piège lorsque l’assaut a commencé et bien que des responsables officiels aient assuré que des dizaines d’entre elles avaient été secourues, y compris des enfants, on ne sait pas combien étaient restées à l’intérieur.

Il s’agit de la plus importante attaque à Mogadiscio depuis que le nouveau président somalien, Hassan Cheikh Mohamoud, a pris ses fonctions en juin, après des mois d’instabilité politique. Les shebab​, qui sont depuis 15 ans engagés dans une insurrection contre le gouvernement fédéral somalien, ont revendiqué la responsabilité de cette opération « dans l’hôtel Hayat à Mogadiscio ».

Un autre quartier visé par de nombreux obus

Une pluie d’obus s’est par ailleurs abattue samedi dans un autre quartier de la capitale, Hamar Jajab, faisant 20 blessés dont des enfants, a déclaré le commissaire Mucawiye Muddey. Ces tirs n’ont pas été revendiqués dans l’immédiat. Selon le directeur du principal hôpital de Mogadiscio, le Dr Mohamed Abdirahman Jama, au moins 40 personnes étaient soignées après avoir été blessées dans les deux attaques du week-end.

Les shebab ont été chassés des principales villes de Somalie, dont Mogadiscio en 2011, mais restent implantés dans de vastes zones rurales. Ces derniers mois, ils ont intensifié leurs attaques. Mercredi, l’armée américaine avait annoncé avoir tué dans une frappe aérienne 13 miliciens shebab qui s’attaquaient à des soldats des forces régulières somaliennes dans une zone reculée du pays.

Le nouveau président a toutefois estimé qu’une approche militaire est insuffisante pour mettre un terme à cette insurrection. Début août, le Premier ministre Hamza Abdi Barre a ainsi annoncé la nomination d’un ancien dirigeant des shebab, devenu homme politique, au poste de ministre des Affaires religieuses. Muktar Robow, alias Abou Mansour, avait publiquement fait défection en août 2017 du mouvement qu’il avait contribué à fonder.