Syrie : La Turquie « n’a pas de vues sur le territoire », assure Erdogan

KURDES Treize civils sont morts dans le nord de la Syrie

20 Minutes avec AFP
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Recep Tayyip Erdogan, le président turc, s'est exprimé au sujet de la Syrie.
Recep Tayyip Erdogan, le président turc, s'est exprimé au sujet de la Syrie. — Burhan Ozbilici/AP/SIPA

La Turquie « n’a pas de vues » sur le territoire syrien, a affirmé le président turc Recep Tayyip Erdogan, qui menace depuis mai d’une nouvelle offensive dans le nord de la Syrie contre des groupes kurdes. « Nous n’avons pas de vues sur le territoire de la Syrie (…) Le régime [de Damas] doit en être conscient », a-t-il déclaré lors de son vol retour d’Ukraine à des journalistes, selon des propos rapportés ce vendredi par les médias turcs.

Treize civils sont morts depuis jeudi soir dans le nord de la Syrie où s’affrontent désormais les Forces démocratiques syriennes (FDS), dominées par les Kurdes et appuyées par le régime, et les Turcs et leurs supplétifs locaux, rapporte ce vendredi une ONG. Ces victimes ont été fauchées dans deux incidents distincts, l’un à al-Bab, sous contrôle de factions syriennes loyales à Ankara au nord-est d’Alep, et l’autre près de Hassaké dans le nord-est du pays, tenue par les FDS.

Ankara veut une zone de sécurité

Le président turc a réaffirmé que l’armée d’Ankara -- présente dans des zones du nord du territoire syrien limitrophes de la Turquie -- était « prête » à tout moment pour une nouvelle offensive. Entre 2016 et 2019, l’armée turque a lancé trois opérations d’envergure dans le nord de la Syrie visant les milices et organisations kurdes.

Ankara dit vouloir créer une « zone de sécurité » de 30 kilomètres à sa frontière sud. Mardi, l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH) avait rapporté que dix-sept personnes avaient été tuées dans des frappes aériennes turques sur une position tenue par le régime syrien près de la frontière turque, après des affrontements nocturnes entre les forces d’Ankara et les combattants kurdes.

La Turquie offensive

L’agence de presse officielle syrienne Sana a confirmé la mort d’au moins trois soldats syriens dans ces frappes. Le chef de l’Etat turc a cependant dit vouloir « franchir de nouvelles étapes » avec le régime de Damas, jugeant qu’une amélioration des relations entre les deux pays contribuerait à la paix dans la région.

Depuis le début de la guerre en Syrie, la Turquie s’est farouchement opposée au régime de Bachar al-Assad, se posant en soutien indéfectible des groupes rebelles syriens. La Turquie, par la voix de son ministre des Affaires étrangères Mevlüt Cavusoglu, a toutefois plaidé à deux reprises depuis jeudi dernier pour « réconcilier » l’opposition et le régime en Syrie, marquant une inflexion dans sa position vis-à-vis de Damas.