Début d'entretiens Serbie-Kosovo sous l'égide de l'UE, sur fond de tensions

TENSIONS De nouvelles règles administratives à la frontière Serbie-Kosovo ont mis le feu aux poudres

20 Minutes avec AFP
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Le haut représentant de l'Union européenne en matière de politique étrangère, Josep Borrell.
Le haut représentant de l'Union européenne en matière de politique étrangère, Josep Borrell. — ATTA KENARE / AFP

Le chef de la diplomatie de l’UE, Josep Borrell, a entamé, ce jeudi, à Bruxelles, des entretiens qui s’annoncent difficiles avec les dirigeants de la Serbie et du Kosovo, après le regain de tensions suscité par de nouvelles règles administratives et frontalières dénoncées par Belgrade. « Les récentes tensions dans le nord du Kosovo ont montré une fois encore qu’il était temps de progresser vers une normalisation complète des relations » entre les deux pays, condition clé de leur adhésion à l’UE a indiqué Josep Borrell dans un tweet, appelant les dirigeants « à être ouverts et souples ».


Josep Borrell a rencontré le Premier ministre kosovar Albin Kurti, puis le président serbe Aleksandar Vucic, avant de les réunir autour d’une table, dans le cadre du Dialogue Belgrade-Pristina, piloté depuis 2011 par la Commission européenne. Invoquant un principe de « réciprocité », Pristina prévoit d’imposer des permis de séjour temporaires aux personnes entrant au Kosovo avec une carte d’identité serbe, et exige des Serbes du Kosovo qu’ils remplacent les plaques d’immatriculation serbes de leurs véhicules par des plaques du Kosovo.

120.000 Serbes vivent au Kosovo

Ces nouvelles mesures ont entraîné un nouvel épisode de violences fin juillet dans le nord du Kosovo, où la minorité serbe les juge vexatoires. Elles doivent entrer en vigueur au 1er septembre après un report de Pristina, sous la pression des Etats-Unis. Belgrade n’a jamais reconnu l’indépendance proclamée par le Kosovo en 2008, une décennie après une guerre sanglante qui a fait 13.000 morts, en majorité des Kosovars albanais. Depuis, la région est le théâtre de frictions épisodiques. Les quelque 120.000 Serbes du Kosovo, dont un tiers vivent au nord du territoire, ne reconnaissent pas l’autorité de Pristina, restant fidèles à Belgrade.

Après une rencontre mercredi avec le secrétaire général de l’Otan, Jens Stoltenberg, le président serbe avait indiqué s’attendre à des « discussions difficiles ». « Même si je continue d’espérer une forme de solution, je reste sceptique », a déclaré Aleksandar Vucic sur Twitter jeudi. Jens Stoltenberg a appelé « toutes les parties à faire preuve de retenue et à éviter la violence », avertissant que la force de maintien de la paix de l’Otan au Kosovo (Kfor) était « prête à intervenir si la stabilité était menacée » et à renforcer ses troupes sur le terrain « si nécessaire ».

« Allons donc ! Ce ne sera pas nécessaire », a commenté à ce propos Josep Borrell en accueillant le Premier ministre kosovar Alban Kurti. Ce dernier avait fustigé la veille « des structures serbes illégales transformées en gangs criminels, qui érigent des barricades » dans le nord du pays. Serbie et Kosovo aspirent à entrer dans l’UE : Belgrade a depuis 2012 le statut de candidat officiel tandis que le Kosovo est « candidat potentiel ». Cinq pays de l’UE refusent de reconnaître l’indépendance de l’ex-province serbe.