Nucléaire : La Chine remet en service un réacteur EPR, un an après un incident

EDF L’EPR de Taishan avait eu un léger souci d’étanchéité

J.-L.D. avec AFP
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Le chantier de construction d'une centrale nucléaire franco-chinoise à Taishan, le 8 décembre 2013
Le chantier de construction d'une centrale nucléaire franco-chinoise à Taishan, le 8 décembre 2013 — PETER PARKS AFP

Un réacteur EPR de la centrale nucléaire de Taishan, dans le sud de la Chine, est de nouveau opérationnel plus d’un an après sa mise à l’arrêt pour un problème d’étanchéité, a indiqué son exploitant.

Réalisée en partenariat avec le groupe énergétique français EDF, la centrale de Taishan, proche de Hong Kong, est la première installation EPR à avoir été mise en service dans le monde. Cette technologie est présentée comme le fleuron de la filière nucléaire française et une vitrine pour EDF.

EPR is back

En juillet 2021, l’un des deux réacteurs de Taishan avait été mis à l’arrêt, après la découverte d’un problème d’étanchéité de barres de combustibles, qualifié alors de « courant » par les autorités chinoises qui avaient écarté tout danger.

Après « inspection et maintenance », le réacteur en question a été reconnecté en début de semaine au réseau électrique chinois, a annoncé mardi l’exploitant local de la centrale de Taishan, le chinois CGN. Aucune anormalité sur la centrale et ses environs n’a été constatée, précise CGN qui assure faire de la sécurité une « priorité ».

Eloge du temps long

Associé au projet, EDF a fourni la technologie EPR de la centrale de Taishan mais est un actionnaire minoritaire (30 %), via une coentreprise fondée avec CGN. EDF a confirmé ce mercredi la remise en service du réacteur EPR incriminé.

« Après une enquête approfondie, l’autorité de sûreté chinoise a donné son accord pour le redémarrage du réacteur EPR (numéro 1) de Taishan », a indiqué une porte-parole. La technologie EPR (pour « European Pressurised Reactor » -- « réacteur pressurisé européen ») est conçue pour offrir une puissance et une sûreté améliorées.

Mais elle a subi de nombreuses déconvenues, en France, en Finlande et dans une moindre mesure en Angleterre, où des réacteurs en construction ont accumulé les retards et les dépassements budgétaires. Lancée en 1992, la technologie EPR a été co-développée par le français Areva et l’allemand Siemens au sein de leur filiale commune -- dont Siemens s’est depuis retiré. EDF a finalement pris le contrôle de cette activité lors de la réorganisation de la filière nucléaire française orchestrée par l’Etat.