Allen Stanford inculpé pour une escroquerie à 8 milliards de dollars

ETATS-UNIS Il devra répondre de «fraudes», «obstruction à la justice» et «blanchiment d'argent»...

Philippe Berry, avec AFP

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Texan billionaire Allen Stanford is shown during an interview with Reuters in Miami in this May 1, 2008 file photograph. Financial services firm Stanford Financial Group, known for its steady returns and bold style, has long stirred concern among rivals, who say they are not surprised to hear regulators have taken a closer look. Headquartered in Houston, the firm traces its roots to the Great Depression when Lodis Stanford began selling real estate and insurance services. Seventy-seven years later, his grandson Allen Stanford oversees roughly $50 billion in assets spread across bank, wealth management and brokerage units.    REUTERS/Joe Skipper   (UNITED STATES)
Texan billionaire Allen Stanford is shown during an interview with Reuters in Miami in this May 1, 2008 file photograph. Financial services firm Stanford Financial Group, known for its steady returns and bold style, has long stirred concern among rivals, who say they are not surprised to hear regulators have taken a closer look. Headquartered in Houston, the firm traces its roots to the Great Depression when Lodis Stanford began selling real estate and insurance services. Seventy-seven years later, his grandson Allen Stanford oversees roughly $50 billion in assets spread across bank, wealth management and brokerage units.    REUTERS/Joe Skipper   (UNITED STATES) — REUTERS/Joe Skipper

Il jure, larmes à l'appui, qu'il est innocent. Mais le financier américain Allen Stanford a été formellement inculpé vendredi pour une escroquerie de 8 milliards de dollars par un tribunal fédéral de Houston, au Texas.

 

Selon l'acte d'accusation, quatre autres personnes sont visées, dont Laura Pendergest-Holt, la directrice des investissements d'Allen Stanford, qui avait déjà été inculpée le 12 mai pour «obstruction de la justice». En tout, 21 chefs d'accusation sont retenus à l'encontre du milliardaire texan classé par le magazine Forbes 405e personne la plus riche du monde.

 

Selon ses avocats, il entend «combattre chaque accusation» et devrait sans doute refuser de plaider coupable

 

Un mini Madoff

 

Le milliardaire avait fait la une de l'actualité en février dernier, lorsque, soupçonné d'une fraude géante, il était introuvable.

 

L'escroquerie porte, selon le gendarme de la Bourse américaine, la SEC, sur 8 milliards de dollars de faux placements. Il s'agit de la plus importante affaire de fraude révélée aux Etats-Unis depuis l'arrestation en décembre du financier new-yorkais Bernard Madoff, accusé d'avoir monté une escroquerie atteignant 50 milliards de dollars.

 

Dans les deux cas, il s'agirait d'un «Ponzi scheme» (chaîne de Ponzi), une fraude pyramidale dans laquelle l'argent de nouveaux investisseurs sert à payer les premiers, et où son auteur fait miroiter à tout le monde un retour sur investissement fantastique.

 

>> Qui est «Sir Allen»? Son portait à lire ici

 

Personnage haut en couleurs, le milliardaire Texan aime les bateaux et le cricket. Il a même été anobli en 2006 dans le paradis fiscal d'Antigua, en présence du Prince Edward d'Angleterre. Il courtisait également les puissants à Washington, et a donné au total plus de 2 millions de dollars en contributions, notamment à Obama et McCain (qui ont tous deux depuis reversé les sommes à des organisations caritatives).

 

Fuyant les médias, «Sir Allen» avait accordé une courte interview à ABC en avril dernier. Au bord des larmes, il disait être innocent et «avoir toujours vécu simplement». Malgré son jet et son yacht.