Nicaragua : L’Eglise catholique dénonce l’arrestation d’un prêtre et attend « des explications »

TENSIONS Les autorités nicaraguayennes accusent Mgr Rolando Alvarez de vouloir « organiser des groupes violents » et d’inciter à « des actes de haine (…) afin de déstabiliser l’Etat du Nicaragua »

20 Minutes avec agences
Image d'illustration d'un prêtre.
Image d'illustration d'un prêtre. — FRANCOIS GUILLOT / AFP

Alors que la tension entre l’Eglise catholique du Nicaragua et le gouvernement du président Daniel Ortega est à son comble, l’ Eglise a dénoncé l’arrestation dimanche d’un prêtre « pour des raisons inconnues ». Cette arrestation intervient après le bouclage le 4 août par la police de l’évêché de Matagalpa (nord), empêchant d’en sortir l’évêque Rolando Alvarez et une dizaine de prêtres et de laïcs qui l’accompagnent.

Dans un communiqué publié sur les réseaux sociaux dans la nuit de dimanche à lundi, le diocèse de Siuna a annoncé l’arrestation du prêtre Oscar Benavidez, curé de la paroisse d’Espíritu Santo de Mulukuku (nord de la côte caraïbe). « Nous ignorons la cause et les motivations de son arrestation. Nous sommes dans l’attente d’explications des autorités », précise le communiqué.


Une enquête ouverte

Le prêtre « a été extrait de son véhicule et emmené à bord d’une voiture de patrouille de police vers un lieu inconnu », selon un tweet du Centre nicaraguayen de défense des droits de l’homme (Cenidh), qui cite « plusieurs sources », sans plus de précision. Ni les autorités ni la police n’ont confirmé ou démenti l’information.

Le diocèse de Siuna a été l’un des premiers à exprimer sa solidarité avec l’évêque de Matagalpa, critique du gouvernement de Daniel Ortega. Les autorités nicaraguayennes accusent Mgr Rolando Alvarez, 55 ans, de vouloir « organiser des groupes violents » et d’inciter à « des actes de haine (…) afin de déstabiliser l’Etat du Nicaragua ». La police a annoncé avoir ouvert une enquête sur ces « faits délictueux ».

Des relations tendues depuis 2018

Les relations entre l’Eglise catholique et le gouvernement de Daniel Ortega sont tendues depuis 2018 lorsque des manifestants qui réclamaient la démission du président nicaraguayen ont trouvé refuge dans des églises. La répression des manifestations a fait plus de 350 morts. Le président Ortega accuse le clergé catholique de complicité dans ce qu’il qualifie de tentative de coup d’Etat ourdie par Washington. La crise a même mené à l’expulsion en mars du nonce apostolique (ambassadeur du Vatican) Mgr Waldemar Sommertag.

Daniel Ortega, un ancien guérillero sandiniste âgé de 76 ans, au pouvoir depuis 2007, a été réélu à la présidence en novembre 2021 pour un quatrième mandat consécutif lors d’un scrutin d’où étaient absents tous ses adversaires potentiels de poids, ceux-ci ayant été arrêtés ou contraints à l’exil.