Oui, des sections d’Amnesty International ont bien condamné l’attaque contre Salman Rushdie

FAKE OFF L’absence de réaction d’Amnesty International a été critiquée sur les réseaux sociaux, mais les sections anglaise et française de l’ONG ont réagi depuis le 15 août

Emilie Jehanno
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Salman Rushdie a été poignardé le 13 août, mais est sur la voie du rétablissement.
Salman Rushdie a été poignardé le 13 août, mais est sur la voie du rétablissement. — zz/Dennis Van Tine/STAR MAX/IPx/AP/SIPA
  • Sur les réseaux sociaux, des tweets viraux dénoncent l’absence de réaction d’Amnesty International après la tentative d’assassinat de Salman Rushdie, certains y voyant une preuve « de la dérive islamiste » de l’ONG de défense des droits humains.
  • Dans un communiqué de presse, Amnesty International UK a réagi le 15 août en expliquant que « l’attaque violente » contre Salman Rushdie rappelle « l’importance de la liberté d’expression ».
  • Interrogé par 20 Minutes, Jean-Claude Samouiller, président d’Amnesty International France, affirme « soutenir absolument Salman Rushdie, sa famille et ses proches ». « Il n’y a vraiment aucune ambiguïté », dit-il.

Depuis la tentative d’assassinat de Salman Rushdie vendredi 12 août, l’absence de condamnation d’Amnesty International a été dénoncée sur les réseaux sociaux. Le journaliste Clément Weill-Raynal y voyait dimanche 14 août la preuve « de la dérive islamiste » de l’ONG. L’écrivain britannique d’origine indienne a été attaqué au couteau vendredi, alors qu’il participait à une conférence dans l’Etat de New York aux Etats-Unis. Il était menacé de mort depuis qu’une fatwa avait été lancée en Iran en 1989, un an après la publication des Versets sataniques.

« Pas un communiqué, pas une ligne, pas un mot de condamnation de la tentative d’assassinat de Salman Rushdie qui fait l’objet d’une fatwa d’un Etat totalitaire en raison de ses écrits. Pourquoi ce silence ? », interrogeait le journaliste dans un tweet partagé plus de 1.140 fois, notamment par des élus du Rassemblement national. « C’est plutôt Amnésie International » lui a ainsi répondu Steeve Briois, maire d’Hénin-Beaumont et vice-président du RN.

Le 15 août, Hillel Neuer, directeur exécutif de UNwatch, une ONG qui veut faire respecter la Charte des Nations unies et se présente comme combattant « les doubles standards », pointait qu’Amnesty était toujours « silencieuse » au sujet de l’attaque. Pour appuyer son propos, Hillel Neuer a affiché, dans un tweet viral, une capture d’écran « pas de résultats » après une recherche sur le réseau social à partir du compte@Amnesty avec le mot-clé "Salman Rushdie".


FAKE OFF

S’il n’y a pas de réaction sur le compte Twitter général d’Amnesty International, la section britannique de l’ONG a pourtant bien condamné l’attaque lundi 15 août, en début d’après-midi. Un communiqué de presse a été publié et partagé sur les réseaux sociaux. Dans celui-ci, Sacha Deshmukh, PDG d’Amnesty International Royaume-Uni, déclare que « l’attaque violente » contre Salman Rushdie rappelle « l’importance de la liberté d’expression, mais aussi la fragilité constante de ce droit si nous ne nous unissons pas pour le défendre ».

Interrogé par 20 Minutes, Jean-Claude Samouiller, président d’Amnesty International France, explique « soutenir absolument Salman Rushdie, sa famille et ses proches ». « Il n’y a vraiment aucune ambiguïté, ajoute-t-il. L’attaque contre Salman Rushdie est atroce, C’est un attentat contre lui-même et contre la liberté d’expression qu’il représente. »

« La liberté d’expression est essentielle »

« Amnesty International considère la liberté d’expression comme essentielle parce que c’est d’elle que dépendent toutes les autres, défend-il encore. A quoi servent des libertés fondamentales si on ne peut pas les revendiquer ? » L’ONG, basée à Londres, compte des sections dans plus de 70 pays. Chacune utilise les rapports, les communiqués de presse « comme elle l’entend », souligne Jean-Claude Samouiller.

En France, le week-end du 15 août était « consacré » au premier anniversaire de la prise de Kaboul par les talibans, indique-t-il. L’association a dénoncé un régime « de terreur », qui a « réduit à néant les maigres progrès accomplis en faveur des droits des femmes et drastiquement restreint les droits à la liberté de réunion et d’expression ».