Brésil : Lula et Bolsonaro lancent officiellement leur campagne présidentielle

SCRUTIN Le premier tour de la présidentielle brésilienne aura lieu le 2 octobre

20 Minutes avec AFP
Luiz Inacio Lula da Silva (à gauche) et Jair Bolsonaro lancent le 16 août 2022 leur campagne présidentielle.
Luiz Inacio Lula da Silva (à gauche) et Jair Bolsonaro lancent le 16 août 2022 leur campagne présidentielle. — /AP/SIPA

Au Brésil, à moins de 50 jours d’un scrutin très polarisé, les deux favoris de la présidentielle entrent en piste ce mardi. Lula et Jair Bolsonaro, lancent officiellement leur campagne dans des lieux qui ont profondément marqué leur carrière politique.

Favori des sondages, Luiz Inacio Lula da Silva, 76 ans, visitera dans l’après-midi une usine Volkswagen dans son fief de Sao Bernardo do Campo, près de Sao Paulo, zone industrielle où il a été tourneur-fraiseur, avant de devenir leader syndical. Jair Bolsonaro, lui, se rendra à Juiz de Fora, dans le Minas Gerais, où il avait frôlé la mort lors d’un attentat à l’arme blanche il y a quatre ans.

La sécurité renforcée autour des candidats

L’actuel président, ancien capitaine de l’armée âgé de 67 ans, a voulu pousser la symbolique jusque dans les moindres détails : il prononcera à la mi-journée son discours sur une estrade installée sur le même carrefour où il avait été poignardé par un déséquilibré le 6 septembre 2018.

La sécurité autour des principaux candidats à l’élection dont le premier tour aura lieu le 2 octobre a d’ailleurs été considérablement renforcée pour éviter tout incident. Lula et Bolsonaro ne se déplacent plus sans gilet pare-balles et les bains de foule sont strictement contrôlés. L’ex-président de gauche aurait en outre dû lancer sa campagne ce mardi matin dans une autre usine, à Sao Paulo, mais l’événement a été annulé, l’équipe chargée de sa sécurité ayant identifié des risques potentiels.

La visite à Sao Bernardo do Campo n’en est pas moins emblématique. « Lula s’y est toujours rendu lors des moments marquants de sa carrière politique, pour renforcer son image de représentant des travailleurs », explique en effet Adriano Laureno, analyste politique du cabinet de consultants Prospectiva. « Quant à Bolsonaro, il veut se présenter comme un "élu de Dieu" qui a survécu à l’attentat » de 2018, poursuit ce spécialiste, pour qui cette élection est « la plus polarisée depuis la redémocratisation » après la dictature militaire (1964-1985).

Une intronisation qui ne va pas plaire à Bolsonaro

Les deux favoris sillonnent déjà le pays depuis plusieurs semaines pour aller au contact des électeurs, mais la campagne officielle, avec meetings et distribution de tracts, n’est autorisée qu’à partir de ce mardi. Les spots télévisés ne seront diffusés qu’à partir du 26 août.

Ce mardi sera également marqué en début de soirée par l’intronisation du juge Alexandre de Moraes à la présidence du Tribunal Supérieur électoral (TSE). Ce magistrat de la Cour suprême est une des bêtes noires du président Bolsonaro, contre lequel il a ordonné l’ouverture d’une enquête pour diffusion de fausses informations sur le système électoral.