Kenya : Appels à la paix, alors que les résultats de la présidentielle se font attendre

SUSPENSE Les Kenyans ont voté le 9 août pour départager le vice-président William Ruto et Raila Odinga, opposant historique aujourd’hui soutenu par le président sortant

20 Minutes avec AFP
Des policiers protègent les membres de la Commission électorale du Kenya lors du dépouillement des votes de la présidentielle, à Nairobi le 14 août 2022.
Des policiers protègent les membres de la Commission électorale du Kenya lors du dépouillement des votes de la présidentielle, à Nairobi le 14 août 2022. — AFP

Le nom du prochain dirigeant du Kenya n’est toujours pas connu. Les appels à la paix et à l’unité ont donc résonné dimanche à travers le pays, plongé dans l’interminable attente des résultats de la présidentielle du 9 août.

Dimanche matin, selon le décompte de la Commission électorale (IEBC) sur près de la moitié des bureaux de vote, le vice-président William Ruto menait le coude-à-coude avec 51,25 % des voix, contre 48,09 % pour Raila Odinga, figure historique de l’opposition aujourd’hui soutenue par le président sortant Uhuru Kenyatta. La commission a ensuite coupé la diffusion en direct des résultats, sans donner d’explication. Mais le quotidien Daily Nation, citant les données officielles sur 70 % des bureaux de vote, indiquait en soirée que William Ruto avait obtenu jusqu’à présent 52,54 % des suffrages tandis que Raila Odinga en avait obtenu 46,78 %.

Une patience unanimement saluée

Depuis le vote, la patience des Kényans est unanimement saluée dans un pays qui a connu ces dernières décennies plusieurs épisodes de tensions et violences post-électorales, parfois sanglantes.

Dimanche, les deux candidats se sont rendus dans des églises de Nairobi. William Ruto a appelé à une suite pacifique du processus électoral lors d’un service religieux : « Nous avons voté pacifiquement, nous avons traversé ce processus pacifiquement et ma prière, c’est que nous terminions ce processus pacifiquement ». Raila Odinga, vêtu d’une tunique bleue, sa couleur de campagne, a, lui, récité une prière de Saint-François : « Je veux devenir un instrument pour apporter la paix, guérir, unir et garder l’espoir vivant dans notre pays ». Ailleurs, les offices dominicaux, très fréquentés dans ce pays religieux, ont été l’occasion d’appels à la responsabilité.

En écho au secrétaire d’État américain Antony Blinken samedi sur Twitter, une quinzaine d’ONG et de syndicats, dont Amnesty International, ont également appelé dimanche « à la patience ». « Nous applaudissons les Kényans pour leur conduite pacifique pendant les élections et appelons au calme pendant que les résultats sont vérifiés », ont-ils déclaré dans un communiqué.

L’IECB sous pression

Quelque 22,1 millions d’électeurs ont été appelés aux urnes pour désigner le successeur du président Uhuru Kenyatta, ainsi que leurs gouverneurs, parlementaires et élus locaux. Les résultats des scrutins locaux tombent au compte-gouttes. Ils ne laissent pas présager quel camp ravira la majorité parlementaire, mais ils dessinent d’ores et déjà une percée historique des femmes.

Pour la présidentielle, le suspense est maximal. Si aucun de ces deux candidats ne recueille plus de 50 % des voix, ainsi que 25 % des voix dans la moitié des 47 comtés, le Kenya connaîtra pour la première fois un second tour. En attendant, l’IEBC est sous pression. Non seulement parce que le pays, locomotive économique de l’Afrique de l’Est ; tourne au ralenti dans l’attente des résultats, mais aussi parce qu’elle a été vivement critiquée il y a cinq ans après une présidentielle invalidée par la Cour suprême.