Russie : La journaliste d’opposition Marina Ovsiannikova assignée à résidence

JUSTICE Pour avoir brandi une pancarte critiquant l’offensive en Ukraine, la journaliste-militante risque jusqu’à 10 ans de prison

M.d.F. avec AFP
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Marina Ovsyannikova,à l'intérieur d'un box des accusés alors qu'elle attend une audience au tribunal pour avoir
Marina Ovsyannikova,à l'intérieur d'un box des accusés alors qu'elle attend une audience au tribunal pour avoir — NATALIA KOLESNIKOVA / AFP

La justice russe ne lâche pas d’une semelle la journaliste Marina Ovsiannikova. Celle qui s’est rendue célèbre à travers le monde en brandissant, en plein journal télévisé, une pancarte contre l’offensive russe en Ukraine, ne peut plus sortir de chez elle. Après l’avoir fait arrêter mercredi, un tribunal russe l’a assignée à résidence jusqu’au 9 octobre dans le cadre d’une enquête pour diffusion d’informations considérées par les autorités comme fausses sur l’armée.

L’action de la journaliste en question remonte à mi-juillet, lorsqu’elle avait, près du Kremlin, brandi une pancarte critiquant l’offensive en Ukraine et la « propagande » des médias contrôlés par le pouvoir, lors d’une action de protestation en solitaire. Aux termes d’un nouvel article du code pénal adopté après le lancement du conflit pour dissuader les critiques, elle risque jusqu’à 10 ans de prison.

Pas de quoi arrêter Marina Ovsiannikova qui, lors de son audience jeudi, a brandi une pancarte sur laquelle on pouvait lire : « Puissent les enfants morts (lors du conflit en Ukraine) vous hanter dans vos rêves ». Depuis fin juillet, Mme Ovsiannikova a par ailleurs été condamnée à deux reprises à des amendes pour avoir « discrédité » l’armée russe, notamment sur la base de messages critiquant l’offensive en Ukraine publiés sur les réseaux sociaux.