Perquisition chez Donald Trump : L'ex-président favorable à la publication du mandat demandée par le ministre de la Justice

DUEL Selon le « Washington Post », le FBI recherchait notamment dans la résidence de Donald Trump des documents liés à des « armes nucléaires »

Philippe Berry
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Donald Trump et le ministre américain de la Justice, Merrick Garland, ont engagé un bras de fer (photomontage).
Donald Trump et le ministre américain de la Justice, Merrick Garland, ont engagé un bras de fer (photomontage). — Sipa/20 Minutes
  • Le ministère de la Justice a demandé la publication du mandat de perquisition qui a visé Donald Trump lundi.
  • Donald Trump s’y est dit favorable, même s’il est peu probable que la nature des documents les plus sensibles saisis soit révélée.
  • Selon le Washington Post, parmi les documents que Donald Trump aurait emportés dans ses valises, le FBI cherchait des dossiers concernant des « armes nucléaires ».

A circonstances exceptionnelles, mesures exceptionnelles. Trois jours après la spectaculaire perquisition du FBI chez Donald Trump, en Floride, et alors que tout le parti républicain dénonce une instrumentalisation du département de la Justice, son patron, l’attorney general Merrick Garland, a engagé une partie de poker avec l’ancien président. Le ministre de la Justice a confirmé qu’il avait personnellement autorisé la demande pour obtenir un mandat de perquisition. Et, en pleine tempête politique, le département de la Justice (DOJ) a déposé un recours pour que le mandat et l’inventaire des documents saisis soient rendus publics. Banco, a répondu Donald Trump sur Truth Social jeudi soir, un peu avant minuit.


« Non seulement je ne m’oppose pas à la publication des documents liés à cette perquisition anti-américaine et injustifiée, mais je vais aller plus loin en encourageant leur publication immédiate », a écrit Donald Trump. Le juge de Floride chargé de trancher lui avait donné jusqu’à vendredi, 15 heures, pour répondre. En théorie, Donald Trump a obtenu une copie du mandat, et il a le droit de le publier intégralement lui-même. Sauf surprise, la version que devrait rendre publique le département de la Justice, peut-être dès vendredi, sera largement caviardée, notamment pour tout ce qui touche à d’éventuels documents « secret-défense ».

Des documents concernant des armes nucléaires ?

La perquisition semble concerner des cartons de documents que Donald Trump, ou son entourage, a fait transporter de la Maison Blanche jusqu’à sa résidence de Mar-a-Lago, en Floride, quand il a quitté ses fonctions. L’ancien président a déjà rendu 15 cartons aux Archives nationales en janvier dernier, mais, selon les médias américains, il en aurait gardé d’autres.

Question cruciale : contiennent-ils des documents classifiés, ce qui serait illégal. L’entourage de Donald Trump suggère qu’il avait déclassifié ces documents à la Maison Blanche. Mais il y a une procédure à suivre, et il ne semble pas y en avoir de trace. Selon le New York Times, les enquêteurs du FBI s’inquiétaient de la présence possible de documents ultrasensibles du « special access program », un niveau encore plus élevé que « top-secret ». Le Washington Post a lâché une bombe, jeudi soir : le FBI cherchait notamment, selon des sources anonymes proches de l’enquête, des documents concernant « des armes nucléaires ». Attention cependant, le quotidien américain ne fournit aucun détail. Et ne sait pas si de tels documents ont bien été trouvés à Mar-a-Lago.

Coup de gueule de Merrick Garland

Lors d’une courte conférence de presse, le ministre de la Justice n’a donné aucun détail mais a tenu à clarifier plusieurs points. Le principal : il a « personnellement autorisé la décision de demander un mandat de perquisition », et il n’a « pas pris la décision à la légère ». En général, des méthodes alternatives « moins intrusives » qu’une visite d’agents fédéraux est privilégiée, a-t-il précisé. Selon les médias américains, le DOJ avait obtenu au printemps une assignation contraignant Donald Trump à retourner des documents. Visiblement, l’ancien président n’a pas obtempéré, ce qui a justifié une perquisition. Cette dernière a été supervisée par la division de contre-espionnage du FBI.
Enfin, alors que Donald Trump a alimenté les théories du complot, assurant que le FBI avait pu placer des fausses preuves dans la saisie, Merrick Garland a tapé du poing sur la table. Il a dénoncé les « attaques infondées » contre son ministère. Le climat est particulièrement tendu : un homme armé a tenté d’attaquer le bureau du FBI de Cincinnati, jeudi matin, avant d’être abattu par les forces de l’ordre. Selon les premiers éléments de l’enquête, il semble s’agir d’un supporteur radicalisé de l’ex-président. Cet homme de 42 ans, qui était présent au Capitole le 6 janvier 2021, avait appelé dans un post sur Truth Social à abattre des agents du FBI, quelques heures après l’annonce de la perquisition chez Donald Trump.