Tensions à Taïwan : Taipei a des munitions et Nancy Pelosi met en garde Pékin

RECAP' Ce jeudi 11 août, « 20 Minutes » fait le point du jour sur la crise ravivée par la venue de l’américaine Nancy Pelosi à Taïwan

M.P. avec AFP
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Taipei a indiqué, jeudi 11 août 2022, avoir détecté six navires évoluant dans le détroit de Taïwan.
Taipei a indiqué, jeudi 11 août 2022, avoir détecté six navires évoluant dans le détroit de Taïwan. — EPN/Newscom
  • La Chine estime que Taïwan, peuplée d’environ 23 millions d’habitants, est l’une de ses provinces, qu’elle n’a pas encore réussi à réunifier avec le reste de son territoire depuis la fin de la guerre civile chinoise (1949).
  • Opposé à toute initiative donnant aux autorités taïwanaises une légitimité internationale, Pékin est vent debout contre tout contact officiel entre Taïwan et d’autres pays. Alors même si des responsables américains se rendent fréquemment dans cette île, la Chine a jugé que la visite le 4 août dernier de Nancy Pelosi, l’un des plus hauts personnages de l’Etat américain, a été une provocation majeure.
  • Tous les soirs, 20 Minutes revient sur les tensions autour de Taïwan alors que l’armée chinoise mène les plus grands exercices militaires de son histoire dans cette zone, envoyant avions de chasse, navires de guerre, drones et tirant des missiles balistiques.

Vous avez raté les derniers événements concernant le regain de tension autour de Taïwan ? Pas de panique, 20 Minutes fait le point chaque jour, depuis la visite de Nancy Pelosi, numéro trois américaine et présidente de la Chambre des représentants, qui a largement refroidi les rapports entre la Chine et les Etats-Unis. Qui a fait quoi ? Qui a dit quoi ? Où en sommes-nous ? La réponse ci-dessous :

Le fait du jour

L’armée taïwanaise a procédé jeudi à un nouvel exercice à munitions réelles, après que Pékin, qui poursuit ses menaces, a mis fin à ses plus importantes manœuvres militaires jamais organisées autour de l’île. Les forces taïwanaises ont effectué des tirs d’obusiers et de fusées éclairantes dans le cadre de cet exercice de défense, a expliqué Lou Woei-jye, porte-parole du 8e corps d’armée.

Ces manœuvres dans le comté de Pingtung (sud), démarrées à 2h30 du matin et ont duré une heure. Une retransmission en direct a montré des pièces d’artillerie alignées sur la côte et des soldats, répartis en unités, tirant vers le large. Selon l’armée, des centaines d’hommes ont participé à ces deux sessions.

Les autorités ont minimisé la portée de ces exercices, assurant qu’ils étaient déjà programmés et n’étaient pas une réponse à ceux de la Chine. Les nouveaux exercices menés jeudi par Taïwan ont « deux objectifs », « s’assurer du bon état de l’artillerie et de sa bonne maintenance » et « confirmer les résultats » de précédents exercices militaires organisés en 2021, a expliqué Lou Woei-jye.

La phrase du jour

La menace militaire chinoise n’a pas diminué. »

Tels sont les mots écrits sur Facebook par Tsai Ing-wen. Lors d’une visite à un poste de commandement des forces aériennes, la présidente de Taïwan a remercié les soldats et a ajouté : « Nous n’aggraverons pas le conflit et ne causerons pas de querelles, nous défendrons fermement notre souveraineté et notre sécurité nationale, et en première ligne la démocratie et la liberté. »

Le chiffre du jour

21. C’est le nombre d’avions chinois détectés ce jeudi par Taïwan. Six navires ont également évolué dans le détroit de Taïwan. Taipei n’a pas précisé s’ils menaient des opérations. Parmi les avions chinois, 11 ont franchi la ligne de démarcation non officielle entre la Chine et Taïwan, non reconnue par Pékin.

La tendance du jour

Pékin a annoncé la fin de ses manœuvres dans le détroit de Taïwan, déclarant que ses forces avaient « mené à bien diverses tâches » tout en promettant de continuer à patrouiller dans ses eaux. Dans la même déclaration, la Chine assurait qu’elle « continuera à mener des entraînements militaires et à se préparer à la guerre ». De son côté, le bureau des affaires taïwanaises du Parti communiste chinois a réagi aux exercices taïwanais en minimisant les « actions rebelles de Taipei » qui « ne peuvent pas arrêter la tendance historique de la réunification » avec la Chine continentale.

Plus loin, à Washington, Nancy Pelosi s’est dite « très fière » de sa visite à Taïwan, assurant que Pékin l’avait utilisée comme « prétexte » au lancement de ses exercices militaires. Et de lancer à la presse : « Nous ne laisserons pas Pékin isoler Taïwan. »

Autant de déclarations qui, selon les experts, ne semblent pas augurer d’un réchauffement des relations entre la Chine, Taïwan et les Etats-Unis qui se sont considérablement dégradées depuis que Tsai Ing-wen est devenue présidente de Taïwan en 2016.