Italie : Silvio Berlusconi envisage un retour au Parlement dix ans après sa condamnation pour fraude fiscale

COME BACK L’ancien chef de gouvernement avait été exclu du Sénat en 2013 et interdit de participer à des élections pendant six ans

X.R. avec AFP
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Silvio Berlusconi en campagne à Monza.
Silvio Berlusconi en campagne à Monza. — Nicola Marfisi/AGF/SIPA

Son come-back risque de faire du bruit de l’autre côté des Alpes. Silvio Berlusconi, ancien chef de gouvernement au cœur de nombreux scandales, a annoncé son intention de faire son retour au Parlement italien à l’occasion des élections législatives de septembre, après dix ans d’absence dans l’Hémicycle. « Je pense qu’à la fin, je me présenterai comme candidat au Sénat, pour que tous ces gens qui me l’ont demandé soient enfin heureux », a déclaré le milliardaire et magnat des médias de 85 ans à la radio Rai.

Même sans mandat, Berlusconi est resté influent sur la scène politique italienne. Il avait ainsi été candidat à l’élection présidentielle, avant de jeter l’éponge, en janvier dernier. Après avoir contribué à faire tomber le Premier ministre Mario Draghi le mois dernier en lui retirant son soutien, le parti de centre-droit Forza Italia de Berlusconi semble prêt à revenir au pouvoir avec les élections des députés et sénateurs prévues le 25 septembre. Il fait partie d’une coalition de droite dominée par les Frères d’Italie post-fascistes de Giorgia Meloni, et qui comprend la Ligue anti-immigration de Matteo Salvini.

Forza Italia, le pendant « modéré et centriste de la coalition » de droite

Berlusconi a balayé les informations selon lesquelles il s’inquiète de la possibilité que Giorgia Meloni, dont la devise est « Dieu, la patrie et la famille », devienne cheffe de gouvernement de la troisième économie de la zone euro. Prenant acte de l’accord entre eux selon lequel celui qui remporte le plus de voix choisit le premier ministre, il a déclaré : « Si c’est Giorgia, je suis sûr qu’elle sera capable de mener à bien cette tâche difficile ».

Mais il a exhorté les électeurs à soutenir son parti en tant que voix modérée de la coalition, en soulignant sa position européenne et atlantiste. « Chaque vote supplémentaire en faveur de Forza Italia renforcera le profil modéré et centriste de la coalition », a-t-il déclaré dans une interview séparée publiée mercredi dans le journal Il Giornale.

Une série de scandales

Berlusconi a été trois fois Premier ministre de l’Italie, dans les années 1990 et 2000, mais a dominé la vie publique pendant bien plus longtemps à la tête d’un vaste empire médiatique et sportif. Le Sénat l’a exclu en novembre 2013 après sa condamnation pour fraude fiscale, il a été interdit de participation à une élection législative pendant six ans mais il a été élu au Parlement européen en 2019.

Berlusconi, extrêmement controversé en Italie, est empêtré dans de nombreux procès qui ont marqué sa longue carrière, dont celui où il est accusé d’avoir payé des invités pour qu’ils mentent au sujet de ses fameuses soirées « bunga-bunga », des orgies organisées lorsqu’il était Premier ministre. Il a également souffert d’une série de problèmes de santé, dont certains liés à son hospitalisation pour Covid en 2020.