Tensions à Taïwan : Taipei se prépare à une invasion, alors que Joe Biden n’est « pas inquiet »

RECAP' Ce mardi 9 août, « 20 Minutes » fait le point du jour sur la crise ravivée par la venue de l’américaine Nancy Pelosi à Taïwan

M.P. avec AFP
Taïwan a mené, mardi 9 août 2022, un exercice d'artillerie à balles réelles simulant sa défense contre une invasion chinoise.
Taïwan a mené, mardi 9 août 2022, un exercice d'artillerie à balles réelles simulant sa défense contre une invasion chinoise. — Sam Yeh
  • La Chine estime que Taïwan, peuplée d’environ 23 millions d’habitants, est l’une de ses provinces, qu’elle n’a pas encore réussi à réunifier avec le reste de son territoire depuis la fin de la guerre civile chinoise (1949).
  • Opposé à toute initiative donnant aux autorités taïwanaises une légitimité internationale, Pékin est vent debout contre tout contact officiel entre Taïwan et d’autres pays. Alors même si des responsables américains se rendent fréquemment dans cette île, la Chine a jugé que la visite le 4 août dernier de Nancy Pelosi, l’un des plus hauts personnages de l’Etat américain, a été une provocation majeure.
  • Tous les soirs, 20 Minutes revient sur les tensions autour de Taïwan alors que l’armée chinoise mène les plus grands exercices militaires de son histoire dans cette zone, envoyant avions de chasse, navires de guerre, drones et tirant des missiles balistiques.

Vous avez raté les derniers événements concernant le regain de tension autour de Taïwan ? Pas de panique, 20 Minutes fait le point chaque jour, depuis la visite de Nancy Pelosi, numéro trois américaine et présidente de la Chambre des représentants, qui a largement refroidi les rapports entre la Chine et les Etats-Unis. Qui a fait quoi ? Qui a dit quoi ? Où en sommes-nous ? La réponse ci-dessous :

Le fait du jour

L’armée de Taïwan a mené ce mardi un exercice d’artillerie à balles réelles simulant la défense de l’île contre une invasion chinoise que Taipei accuse Pékin de préparer. Pékin « a utilisé les exercices et sa feuille de route militaire pour préparer l’invasion de Taïwan », a effectivement assuré le chef de la diplomatie de Taïwan, Joseph Wu, lors d’une conférence de presse.

Mardi, plusieurs centaines de soldats ont été déployés, ainsi qu’une quarantaine d’obusiers, a indiqué l’armée. Un journaliste de l’AFP présent sur place a constaté le début des opérations dans le comté de Pingtung (sud) peu après 2h40, avec des tirs de fusées éclairantes et d’artillerie. Les manœuvres se sont terminées vers 3h30, a indiqué Lou Woei-jye, porte-parole du huitième corps d’armée de Taïwan. Un nouvel exercice est prévu jeudi.

Le chiffre du jour

45. L’armée taïwanaise a affirmé avoir détecté 45 avions et dix navires chinois opérant dans le détroit de Taïwan mardi. Toujours selon Taipei, 16 avions auraient franchi la ligne médiane. Aucun avion de guerre ou navire chinois n’a pénétré dans les eaux territoriales de Taïwan – à moins de 12 milles nautiques de la terre – pendant les exercices opérés mardi par Pékin.

La phrase du jour

Toute tentative de s’opposer, par la force armée, au courant de l’histoire et à la réunification fera inévitablement face à la ferme opposition de l’ensemble du peuple chinois. Ce serait surestimer vos capacités, faire preuve de témérité et voué à l’échec. »

Tels sont les mots du porte-parole chinois des Affaires étrangères, Wang Wenbin, qui lors d’un point presse ce mardi a réagi aux manœuvres taïwanaises.

La tendance du jour

Lors d’une conférence de presse à Taipei après les manœuvres taïwanaises, Joseph Wu n’a pas manqué de remercier ses alliés occidentaux, au premier rang desquels Nancy Pelosi, pour avoir tenu tête à la Chine. Le chef de la diplomatie de Taïwan a également expliqué redouter une surenchère de la part de Pékin, fermement opposée à toute initiative donnant aux autorités taïwanaises une légitimité internationale.

Notre dossier sur Taïwan

« La provocation et l’agression de la Chine ont porté atteinte au statut quo du détroit de Taïwan et fait monter les tensions dans la région », a de son côté réaffirmé le ministère des Affaires étrangères de Taïwan dans un communiqué. Reste que Washington a estimé que le risque d’escalade de la part de Pékin était faible. « Je ne suis pas inquiet, mais je suis préoccupé par le fait qu’ils s’agitent autant. Mais je ne crois pas qu’ils fassent davantage que ce qu’ils sont en train de faire », a déclaré le président américain Joe Biden.