Scandale des écoutes en Grèce : La rentrée parlementaire avancée

DISCUSSIONS HOULEUSES Le gouvernement a accepté la demande de l’opposition de gauche d’un « débat extraordinaire » à l’Assemblée

20 Minutes avec AFP
Le gouvernement conservateur de Kyriakos Mitsotakis (sur la photographie) est sous une énorme pression après la révélation de la surveillance par les services nationaux du renseignement (EYP) de Nikos Androulakis, un eurodéputé devenu chef de l'opposition socialiste.
Le gouvernement conservateur de Kyriakos Mitsotakis (sur la photographie) est sous une énorme pression après la révélation de la surveillance par les services nationaux du renseignement (EYP) de Nikos Androulakis, un eurodéputé devenu chef de l'opposition socialiste. — Paul White/AP/SIPA

Le scandale des écoutes téléphoniques ébranle la Grèce jusque sur les bancs de la Vouli. Le gouvernement grec a annoncé ce mardi que la rentrée parlementaire serait avancée d’une semaine, acceptant la demande de l’opposition de gauche d’un « débat extraordinaire » à l’Assemblée.

« Le gouvernement a accepté d’avancer l’ouverture du Parlement au 22 août au lieu du 31 août comme c’était initialement prévu », a indiqué à la presse le porte-parole du gouvernement, Yannis Economou. Le gouvernement conservateur de Kyriakos Mitsotakis est sous une énorme pression après la révélation de la surveillance par les services nationaux du renseignement (EYP) de Nikos Androulakis, un eurodéputé devenu chef de l’opposition socialiste en prenant la tête du Pasok-Kinal, le troisième parti parlementaire.

Une « erreur » qui a déjà entraîné deux démissions

Lundi soir, quelques heures après que le Premier ministre a avoué la surveillance de Nikos Androulakis par l’EYP tout en la qualifiant d'« erreur », le chef du principal parti de l’opposition de gauche Syriza, Alexis Tsipras, a réclamé « l’arrêt des vacances d’été » du Parlement et « un débat extraordinaire à l’Assemblée » sur les surveillances illégales. « Aujourd’hui personne ne peut dire combien et quels hommes politiques, journalistes ou autres citoyens ont subi la levée du secret », a fustigé Alexis Tsipras, ancien Premier ministre (2015-2019).

Cette affaire a entraîné la semaine dernière deux démissions dans l’entourage de Kyriakos Mitsotakis, celle du chef de l’EYP Panagiotis Kontoleon et celle du secrétaire général du bureau du Premier ministre, Grigoris Dimitriadis, qui est également son neveu.

Une surveillance « légale »

Lors d’une allocution à la nation lundi, Kyriakos Mitsotakis a assuré qu’il n’était pas au courant de la décision de l’EYP de surveiller Nikos Androulakis « entre septembre 2021, alors qu’il était eurodéputé, jusqu’en décembre de cette année-là, quelques jours après son élection à la présidence du Pasok-Kinal ».

Il a souligné que cette surveillance était « légale » mais qu’elle était « inacceptable ». Mais l’opposition et des médias ont critiqué le « rejet de responsabilité » par le Premier ministre. L’EYP a été placée sous son égide en vertu d’un amendement controversé en août 2019, quelques jours après l’arrivée au pouvoir de son parti de droite Nouvelle Démocratie.