Réchauffement climatique : Non, l’Arctique ne connaît pas son été le plus froid depuis 64 ans

FAKE OFF Contrairement à ce qu’affirme un blog en ligne, les données de l’Institut météorologique danois montrent bien qu’il y a une hausse des températures au fil des années

Fake Off
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Les étés ne sont pas de plus en plus chauds en Arctique
Les étés ne sont pas de plus en plus chauds en Arctique — NASA Scientific Visualization Studio/Cover Images/SIPA

« L’Arctique connaît son été le plus froid depuis 64 ans », affirment plusieurs publications qui circulent sur les réseaux sociaux. Les fortes chaleurs qui touchent notamment l’Europe depuis le début de l’été, et les nombreux incendies seraient à relativiser selon certains internautes. Pour plusieurs d’entre eux, le réchauffement climatique ne serait donc qu’une théorie alarmiste et certains parlent même de « psychose caniculaire ».

Certains vont même jusqu’à arrondir à l’été le plus froid depuis soixante-dix ans. Les auteurs citent un article publié par le blog Réseau International le 22 juin dernier. Il s’appuie sur des « données factuelles groenlandaises rapportées par l’Institut météorologique danois ». L’Arctique connait-il vraiment son été le plus froid depuis une soixantaine d’années ? 20 Minutes fait le point.

FAKE OFF

L’article s’appuie sur un graphique qui se trouve bel et bien sur le site de l’Institut météorologique danois (DMI), et qui est actualisé tous les jours. La capture d’écran visible sur le site a été prise en date du 22 juin 2022. Le graphique est titré ainsi : « Température moyenne quotidienne et climat au nord du 80e parallèle nord, en fonction du jour de l’année. » Il est donc impossible de déterminer si cet été en particulier a été plus froid ou chaud que les autres, puisqu’il s’agit d’une moyenne pour chaque jour, sur les différentes années.

A noter également que l’Arctique ne se concentre pas uniquement au-dessus du 80e parallèle. Le graphique n’inclut donc pas la totalité du continent, et donc pas la partie la plus basse, qui est également la plus touchée par le réchauffement climatique et la fonte des glaces.

L’Institut météorologique danois indique bien qu’il y a de plus en plus d’anomalies de températures ces dernières années sur cette partie haute de l’Arctique qu’ils étudient. La ligne noire de ce graphique les illustre. Le tracé bleu qui représente les températures de l’hiver montre une chaleur de plus en plus importante. Si pour l’été la courbe rouge reste plus stable, il est tout de même possible de noter des anomalies, selon le DMI.