Tensions à Taïwan : Les vastes manœuvres militaires de la Chine sont terminées

GEOPOLITIQUE Pékin compte toutefois mener de nouveaux exercices « à tir réel » jusqu’au 15 août dans la mer Jaune

20 Minutes avec AFP
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Un soldat observe des exercices de combat et d'entraînement de la marine chinoise.
Un soldat observe des exercices de combat et d'entraînement de la marine chinoise. — CHINE NOUVELLE/SIPA

L’exercice s’est terminé dimanche 7 août. La Chine a en effet bouclé ses plus grandes manœuvres militaires jamais menées autour de Taïwan, une réaction de colère à la visite sur l’île de la présidente américaine de la Chambre des représentants Nancy Pelosi, qui a fait plonger les relations entre Pékin et Washington au plus bas depuis des années.

La numéro trois des Etats-Unis a déclenché la fureur de la Chine avec sa visite mardi et mercredi, la plus importante d’un élu américain à Taïwan en vingt-cinq ans. Pékin, qui considère l’île comme l’une de ses provinces, a réagi en suspendant une série de discussions et coopérations bilatérales sino-américaines, notamment sur le changement climatique et la défense.

« Tester la puissance de feu » chinoise

L’armée chinoise a aussi lancé les plus importants exercices militaires de son histoire, envoyant avions de chasse, navires de guerre et missiles balistiques dans ce que les analystes considèrent comme une simulation de blocus et d’invasion de Taïwan. Dimanche, elle a mené « des exercices pratiques conjoints en mer et dans l’espace aérien entourant l’île de Taïwan, comme prévu », a indiqué le commandement Est de l’armée chinoise, qui chapeaute l’espace maritime oriental du pays – et donc Taïwan.

Ces exercices visaient à « tester la puissance de feu conjointe sur le terrain et les capacités de frappe aérienne à longue portée », a-t-il ajouté. Le ministère taïwanais de la Défense a confirmé que la Chine avait déployé « des avions, des navires et des drones » autour du détroit, « pour simuler des attaques contre l’île principale de Taïwan et contre des bateaux dans nos eaux ».

Nouveaux exercices

Ces vastes manœuvres devaient s’achever à la mi-journée, même si Pékin compte mener de nouveaux exercices « à tir réel » jusqu’au 15 août dans la mer Jaune, qui sépare la Chine de la péninsule coréenne. Le ministère taïwanais des Transports a indiqué qu’à midi, six des sept « zones temporaires de danger » que la Chine avait demandé aux compagnies aériennes d’éviter étaient revenues à la normale, un indice que les exercices touchaient à leur fin.

« Les vols et navigations concernés peuvent reprendre progressivement », a-t-il précisé. La septième zone, dans les eaux à l’est de Taïwan, restera à éviter jusqu’à lundi à 10 heures, selon la même source. Côté chinois, le ministère de la Défense n’a pas répondu à une demande de confirmation de la fin des manœuvres.

Une « menace » pour « la région »

Pour prouver à quel point elle s’était approchée des côtes taïwanaises, l’armée chinoise a publié samedi une photo prise selon elle depuis un de ses navires militaires, où l’on voit un bâtiment de la marine taïwanaise à quelques centaines de mètres seulement. Ce cliché pourrait être le plus proche du littoral taïwanais jamais pris par les forces de Chine continentale.

Côté taïwanais, le Premier ministre Su Tseng-chang, a estimé dimanche que la Chine « utilisait l’action militaire de façon barbare » afin de perturber la paix dans le détroit de Taïwan, qui sépare la Chine continentale de l’île. « Nous appelons le gouvernement chinois à ne pas brandir sa force militaire, à ne pas montrer ses muscles partout pour mettre en danger la paix de la région », a-t-il dit à la presse. Le ministère taïwanais des Affaires étrangères a estimé lui que les exercices menacent « la région et même le monde ».