Avortement aux Etats-Unis : Le gouvernement Biden porte plainte contre une loi anti-IVG de l’Idaho

DROIT DES FEMMES L’Etat de l’Idaho s’est doté d’une loi censée entrer en vigueur le 25 août et qui autorise les avortements uniquement pour sauver la vie d’une femme enceinte

20 Minutes avec agences
Le ministre américain de la Justice Merrick Garland, le 2 août 2022 à Washington.
Le ministre américain de la Justice Merrick Garland, le 2 août 2022 à Washington. — Evelyn Hockstein/AP/SIPA

Le président démocrate avait promis de faire tout son possible pour défendre l’accès aux IVG. Le gouvernement de Joe Biden a porté plainte ce mardi contre une loi de l’Etat de l’Idaho qui interdit quasiment tous les avortements. Il s’agit de sa première action en justice depuis la volte-face de la Cour suprême des Etats-Unis le 24 juin, qui, dans un arrêt, enterrait le droit constitutionnel des Américaines à obtenir une interruption de grossesse.

Bien que ses marges de manœuvre soient limitées, son ministre de la Justice Merrick Garland avait mis en place une cellule chargée d’évaluer les lois adoptées dans la foulée de cette décision par les Etats opposés à l’avortement. L’Idaho, un Etat rural et conservateur de l’Ouest américain, avait été parmi les premiers à se doter d’une nouvelle loi, censée entrer en vigueur le 25 août et qui autorise les avortements uniquement pour sauver la vie d’une femme enceinte.

Des « délais » et « des refus de soigner des femmes enceintes »

Merrick Garland a demandé à la justice de la bloquer, arguant qu’elle viole une loi fédérale sur les urgences médicales puisqu’elle ne prévoit pas d’exception en cas de « danger grave pour la santé » de la femme enceinte et autorise des poursuites contre les médecins. Selon lui, la loi fédérale estime que pratiquer un avortement peut être « le traitement nécessaire pour stabiliser une patiente en cas d’urgence médicale ».

Or, depuis l’arrêt de la Cour suprême, « il y a eu de nombreuses informations sur des reports, des délais, voire des refus de soigner des femmes enceintes en situation d’urgence médicale », a-t-il noté. Les médias américains ont notamment donné l’exemple d’une femme dont la poche des eaux s’était rompue en début de grossesse mais qui avait dû continuer à porter l’embryon non viable jusqu’à un début de septicémie.

Scrutin test au Kansas

Une dizaine d’Etats ont déjà banni les avortements sur leur sol et, à terme, une moitié des 50 Etats devraient le faire. Ce mardi un référendum sur le sujet a eu lieu au Kansas, dans le Midwest américain. Il s’agissait d’un scrutin test pour le pays.

Les électeurs se sont finalement prononcés pour le maintien de la garantie constitutionnelle sur l’avortement. Les électeurs de cet Etat conservateur ont rejeté un amendement qui aurait supprimé le texte garantissant le droit à l’avortement dans la Constitution de l’État et aurait pu ouvrir la voie à une réglementation plus stricte ou à une interdiction.