Etats-Unis : Un couple arrêté après avoir vécu 35 ans sous l’identité de bébés décédés

USURPATION L’histoire pourrait se transformer en affaire d’espionnage alors que des photos du couple portant des uniformes du KGB ont été retrouvées par les agents fédéraux

20 Minutes avec agences
Un couple d'Américains a vécu dans cette maison d'Hawaï pendant des années sous pseudonymes.
Un couple d'Américains a vécu dans cette maison d'Hawaï pendant des années sous pseudonymes. — Caleb Jones/AP/SIPA

Pourraient-ils être des espions pour le solde de la Russie ? La justice américaine a inculpé pour « usurpation d’identité » un couple qui a vécu pendant trente-cinq ans sous le nom… de bébés décédés. Walter Primrose et son épouse Gwynn Morrison, tous deux nés en 1955, ont été arrêtés à Hawaï ce vendredi.

L’histoire est teintée de soupçons d’espionnage. Selon des documents judiciaires, une perquisition à leur domicile a permis de mettre la main sur une vieille photo du couple habillé avec des uniformes du KGB.

Fausses identités depuis 1987

Un juge fédéral a estimé lors d’une audience téléphonique que le sexagénaire présentait un « risque de fuite » et a ordonné son maintien en détention. Son épouse comparaîtra la semaine prochaine devant le magistrat. Selon l’acte d’inculpation, ils ont étudié ensemble dans les années 1970 au Texas, s’y sont mariés en 1980 et ont, pour une raison inconnue, endossé en 1987 les identités de Bobby Fort et Julie Montague, des bébés décédés des années plus tôt et enterrés dans des cimetières des environs.

Ils se sont ensuite remariés en 1988 sous ces nouveaux noms. En 1994, lui est devenu garde-côte en tant que Bobby Fort et a exercé cette fonction pendant vingt ans avant de prendre un emploi chez un sous-traitant du ministère de la Défense. Au fil des années, ils ont obtenu de nombreux papiers sous leurs fausses identités, dont des permis de conduire et plusieurs passeports. Ils ont finalement été repérés en 2018 en essayant de s’inscrire dans le système de sécurité sociale des militaires et gardes-côtes.

Une photo suspecte

L’acte d’accusation ne porte pas sur des chefs d’espionnage, mais un document versé à la procédure pour s’opposer à leur remise en liberté provisoire laisse entrevoir un dossier complexe. « Les agents fédéraux ont saisi des lettres » adressées aux accusés « sous d’autres noms que Bobby, Julie, Walter ou Gwynn », ce qui laisse penser qu’ils utilisaient plusieurs alias. Des photos où ils portent des uniformes du KGB ont aussi été retrouvées, écrit la procureure fédérale Clare Connors.

Un proche de Gwynn Morrison a déclaré aux agents qu’elle avait vécu en Roumanie quand le pays était encore dans le bloc communiste, ajoute-t-elle. Quant à son époux, en tant que contractuel du Pentagone, il devait signaler tous ses voyages à l’étranger et a omis de le faire pour plusieurs séjours au Canada, poursuit la procureure.

L’avocate de Gwynn, a déclaré dans un bref commentaire que sa cliente ne reconnaissait pas les faits qui lui sont imputés.